La grippe aviaire refait surface dans l’Hexagone. Un nouveau foyer de contamination a été confirmé jeudi 16 octobre dans un élevage de dindes en Loire-Atlantique, le troisième en moins de sept jours. Les précédents cas avaient été détectés en Seine-Maritime et dans le Pas-de-Calais. Face à cette recrudescence, le gouvernement a relevé le niveau de risque et appelle à une stricte application des mesures de biosécurité. Chaque foyer entraîne la même procédure : abattage des animaux concernés et mise en place d’une zone de protection de trois kilomètres, élargie à dix pour la surveillance. Dans ces périmètres, tout transport de volailles ou d’oiseaux captifs est interdit, sauf dérogation exceptionnelle. L’objectif est clair : stopper la propagation du virus avant qu’il ne gagne d’autres élevages, alors que les migrations d’oiseaux sauvages favorisent les transmissions à cette période de l’année.
Un risque « modéré » mais une vigilance maximale
Mercredi, les autorités ont officiellement relevé le niveau de risque de « négligeable » à « modéré », deuxième palier sur l’échelle nationale. Le ministère de l’Agriculture exhorte les éleveurs à appliquer les consignes sanitaires les plus strictes pour éviter que le virus n’entre dans les exploitations, soit via la faune sauvage, soit par l’activité humaine. Cette alerte intervient dans un contexte européen tendu. Depuis le 1er août, près de quarante foyers ont été identifiés sur le continent, notamment en Espagne, en Allemagne et en Pologne. L’année précédente, la France avait enregistré 620 cas, loin toutefois des vagues massives de 2021 à 2023, où plus de 30 millions de volailles avaient dû être abattues.
Entre sérénité affichée et inquiétude économique
Malgré ces nouveaux cas, la filière reste prudente mais confiante. Les représentants du Comité interprofessionnel du foie gras (Cifog) se disent « sereins, vigilants mais très optimistes ». La vaccination des canards, rendue obligatoire depuis l’automne 2023, a permis de diviser par des dizaines le nombre de foyers. Mais cette campagne a un coût : environ 100 millions d’euros par an, dont la part financée par l’État a été réduite de 85 % à 40 % en deux ans. Certains producteurs hésitent encore à vacciner, redoutant de perdre des marchés à l’export, notamment en Asie. Une délégation japonaise est d’ailleurs attendue en France d’ici la fin du mois pour évaluer la situation sanitaire et envisager une reprise des importations. Pour l’heure, les autorités se veulent rassurantes : le virus reste très faiblement transmissible à l’homme. Mais avec l’arrivée des grands vols migratoires et l’ombre d’une nouvelle flambée épidémique, la filière avicole sait qu’elle entre dans une nouvelle saison sous haute surveillance.