L’île annonce, ce samedi 26 avril, l’arrêt net des injections contre le chikungunya : trois seniors, tous vaccinés entre le 23 et le 25, viennent de basculer en réanimation, l’un a succombé. Les autorités sanitaires évoquent un « lien très vraisemblable » avec le sérum Ixchiq. Dans les dispensaires déjà débordés, on remballe les flacons pendant que les moustiques continuent de piquer – plus de 40 000 malades depuis janvier, la pire vague depuis 2005.
Un virus atténué aux limites de l’âge
Pour gagner la course contre l’épidémie, Valneva a choisi la recette classique : injecter le virus affaibli pour réveiller l’immunité. Efficace chez l’adulte jeune, ce procédé devient délicat chez les organismes fatigués : passé soixante ans, le système immunitaire fabrique davantage d’anticorps-interférons, capables de transformer un vaccin atténué en étincelle inflammatoire. Les trois victimes, octogénaires aux multiples pathologies, semblent avoir payé ce risque théorique de leur vie. Le ministère avait pourtant exigé une phase 4 de surveillance « en vie réelle » ; la réalité, elle, n’aura mis que trois semaines à rattraper l’essai clinique.
Quel choix pour la suite ?
Suspendre la campagne laisse les plus de 65 ans sans défense alors qu’ils constituent la cible première du virus pour les formes chroniques ou neurologiques. Faut-il tenter malgré tout de reprendre les injections quand l’épidémie flambe ? La Haute Autorité de santé tranche dans les prochaines heures. En coulisse, l’île mise déjà sur le candidat recombinant de Bavarian Nordic, un vaccin sans virus entier, espéré avant l’hiver austral. Reste à savoir si les moustiques lui laisseront le temps d’arriver.