La rougeole fait son retour en force. Depuis le début de l’année 2025, 658 cas ont été recensés en France, un chiffre déjà supérieur de 35 % à l’ensemble des cas déclarés en 2024. Deux personnes immunodéprimées sont décédées, a indiqué ce lundi Santé publique France, qui évoque une flambée liée à un net recul de la couverture vaccinale. Le virus, extrêmement contagieux, frappe particulièrement les nourrissons, les jeunes enfants et les jeunes adultes. Plus d’un tiers des malades ont été hospitalisés ou pris en charge aux urgences, dix ont été admis en réanimation. Une encéphalite a été signalée chez certains patients, complication rare mais redoutée.
Le Nord en première ligne, la vaccination en recul
La moitié des cas enregistrés depuis janvier se concentre dans une poignée de départements. Le Nord arrive en tête avec 117 cas, suivi des Bouches-du-Rhône, de l’Isère, de la Haute-Savoie, de l’Hérault et de la région parisienne. Aucun cas n’a été signalé outre-mer. La majorité des patients étaient soit non vaccinés, soit insuffisamment protégés. Or, le seuil d’immunité collective requis pour stopper la propagation du virus est estimé à 95 %. En France comme ailleurs, ce niveau n’est plus atteint depuis plusieurs années. Parmi les cas recensés, 14 % avaient été contaminés à l’étranger, ce qui alimente la circulation sur le territoire. L’épidémie française s’inscrit dans une tendance mondiale inquiétante : les États-Unis, où la rougeole avait été éradiquée il y a 25 ans, enregistrent cette année leur pire flambée depuis trois décennies. Un pédiatre américain évoque même des chiffres « proches de 3 000 cas, voire plus ». Dans un contexte de défiance vaccinale persistante, les autorités sanitaires alertent : la rougeole tue encore, et sans couverture suffisante, elle pourrait redevenir endémique.