HANOÏ — Le Vietnam est confronté à une recrudescence alarmante de la peste porcine africaine, alors que le nombre de foyers infectés et d’animaux touchés a plus que triplé en l’espace de deux semaines. Selon le journal d’État Tien Phong, citant le ministère de l’Agriculture, 972 foyers ont été identifiés dans tout le pays depuis le début de l’année, contre seulement 514 à la mi-juillet.
La situation s’est fortement détériorée sur le plan sanitaire : le nombre de porcs infectés est passé de 30 000 à plus de 100 000 sur la même période. La totalité de ces animaux sont morts ou ont été abattus pour tenter de contenir la propagation du virus. L’épidémie affecte désormais l’ensemble du territoire vietnamien, sans qu’aucune province ne soit épargnée, a indiqué Nguyen Xuan Duong, président de l’Association vietnamienne de l’élevage.
« La peste porcine africaine s’est déclarée à très grande échelle et s’est propagée à travers le pays, affectant gravement l’élevage, en particulier l’approvisionnement en porc », a-t-il alerté. Ce regain d’infections compromet l’équilibre de la filière porcine, pilier de la consommation de protéines animales dans le pays, où le porc représente près des trois quarts de la viande consommée.
La peste porcine africaine, maladie virale hautement contagieuse pour les porcs mais sans danger pour l’homme, a bouleversé les marchés mondiaux au cours de la dernière décennie. L’épidémie de 2018-2019, qui avait ravagé la Chine — premier producteur mondial — avait conduit à la perte de près de la moitié de son cheptel porcin, avec des pertes économiques estimées à plus de 100 milliards de dollars.
Au Vietnam, les autorités sanitaires redoutent désormais des répercussions similaires si la propagation ne peut être contenue rapidement. Des campagnes de surveillance, de vaccination expérimentale, de désinfection et de restriction des mouvements d’animaux sont actuellement mises en œuvre, mais la dynamique de l’épidémie laisse entrevoir des difficultés à enrayer la crise à court terme.
L’impact sur les prix de la viande porcine commence déjà à se faire sentir sur les marchés locaux, suscitant l’inquiétude des consommateurs et des éleveurs. La dépendance du pays à l’élevage porcin, combinée à l’absence de traitement curatif contre la maladie, rend la situation particulièrement critique. Le gouvernement vietnamien pourrait être contraint de renforcer les importations de viande pour garantir l’approvisionnement et éviter une flambée inflationniste.