Hausse de la mortalité infantile en France : 4 nourrissons sur 1.000 décèdent avant l’âge de 1 an
Hausse de la mortalité infantile en France : 4 nourrissons sur 1.000 décèdent avant l’âge de 1 an

En 2024, la France a enregistré un taux de mortalité infantile de 4,1 décès pour 1 000 naissances, soit environ 2 700 enfants décédés avant leur premier anniversaire. Ce chiffre place le pays parmi les moins bien classés de l’Union européenne en matière de santé périnatale, derrière des pays comme la Suède (2,5‰) et la moyenne européenne (3,3‰) .

Les causes multiples de cette augmentation

Selon l’Insee, cette hausse est principalement due à une augmentation de la mortalité néonatale précoce (entre 1 et 27 jours de vie), passée de 1,5‰ en 2011 à 2,0‰ en 2024 . Les facteurs socio-économiques, tels que le statut professionnel des mères et leur origine géographique, jouent également un rôle significatif. Par exemple, les enfants de mères très jeunes ou très âgées, ainsi que ceux issus de grossesses multiples, présentent un risque accru de décès avant un an .

L’impact des fermetures de petites maternités

Depuis 1975, la France a vu disparaître environ 75 % de ses petites maternités. Cette centralisation des services a entraîné une augmentation de la distance entre le domicile des femmes enceintes et les établissements de santé. Une étude a montré qu’un trajet supérieur à 45 minutes jusqu’à la maternité double le risque de mortalité périnatale.

La surcharge des grandes structures hospitalières, transformées en “usines à bébés”, complique davantage la situation. Les équipes médicales sont sous pression, les séjours post-accouchement sont raccourcis, et la prise en charge individualisée devient de plus en plus difficile.

Les recommandations des autorités

Face à ces constats, la Cour des comptes a recommandé en mai 2024 une évaluation au cas par cas des petites maternités, en privilégiant la sécurité des soins. Elle souligne que certaines structures ne réalisant pas le seuil minimal de 300 accouchements annuels devraient être réévaluées, car elles rencontrent des difficultés pour attirer et conserver du personnel qualifié.

Le débat sur la fermeture des petites maternités reste donc d’actualité, avec des enjeux cruciaux en termes d’accessibilité des soins et de sécurité périnatale. Le but est de trouver un équilibre entre la centralisation des services pour des raisons de sécurité et le maintien d’une offre de soins de proximité pour garantir un accès équitable à toutes les femmes enceintes.

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