États-Unis : premier cas humain de myiase à larves de mouche carnivore lié à l’épidémie en Amérique centrale @APNEWS
États-Unis : premier cas humain de myiase à larves de mouche carnivore lié à l’épidémie en Amérique centrale @APNEWS

Les autorités sanitaires américaines ont confirmé le premier cas humain aux États-Unis de myiase causée par la mouche à vis (New World screwworm), un parasite dévoreur de chair, contracté lors d’un voyage en Amérique centrale. Le patient, revenu d’El Salvador, a été diagnostiqué début août dans l’État du Maryland, selon le département américain de la Santé et les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Bien que les autorités aient assuré que le risque pour la santé publique restait « très faible », cette annonce a immédiatement fait frémir le secteur bovin américain, déjà en alerte face à la progression du parasite depuis l’Amérique centrale et le sud du Mexique. La présence de la mouche à vis, qui pond ses œufs dans les plaies des animaux et dont les larves s’enfoncent dans les chairs vivantes jusqu’à provoquer la mort de l’hôte si elles ne sont pas traitées, peut avoir des conséquences économiques dévastatrices pour les élevages.

Le département américain de l’Agriculture (USDA) a estimé qu’une éventuelle épidémie pourrait coûter près de 1,8 milliard de dollars au Texas, premier État producteur de bétail, en raison des pertes d’animaux, des frais médicaux et de main-d’œuvre. Le gouvernement fédéral a annoncé la construction d’une nouvelle usine de production de mouches stériles au Texas pour tenter de contenir la menace, mais les critiques fusent parmi les éleveurs, qui reprochent à l’USDA d’avoir tardé à agir.

Le cas humain a également soulevé des inquiétudes quant au manque de transparence des autorités. Selon plusieurs vétérinaires et sources industrielles, l’information a circulé d’abord par le biais de courriels internes à des associations d’éleveurs, avant d’être confirmée officiellement par les CDC. Certains responsables locaux affirment que l’agence fédérale « n’a pas été franche » et a renvoyé la communication vers l’État du Maryland.

Les producteurs de bétail, déjà confrontés à des prix records liés à la plus petite taille du cheptel américain depuis 70 ans, redoutent désormais une panique sur les marchés si de nouveaux cas étaient signalés, notamment dans les troupeaux. Le parasite est rare chez l’homme, mais peut être mortel sans traitement rapide.

Alors que le parasite poursuit sa remontée vers le nord depuis 2023, le Mexique construit lui aussi une usine de production de mouches stériles pour tenter de contenir l’infestation. La seule installation actuellement opérationnelle se trouve à Panama City et produit 100 millions de mouches stériles par semaine, loin des 500 millions nécessaires selon l’USDA pour repousser durablement la mouche jusqu’à l’isthme du Darién.

Ce premier cas humain aux États-Unis illustre la menace croissante d’un retour de la mouche à vis, éradiquée du pays il y a plus de 50 ans, et place les autorités sanitaires et agricoles sous une pression accrue pour protéger à la fois la santé publique et l’économie du bétail.

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