Le Covid-19 n’a pas disparu : il avance masqué. En France, les traces du virus réapparaissent discrètement dans les eaux usées et les urgences. Une hausse encore modeste, mais suffisante pour faire lever un sourcil aux épidémiologistes. En embuscade, un nouveau variant – NB.1.8.1 – déjà dominant en Asie, commence à circuler. Et il pourrait bien rebattre les cartes cet été.
Le retour estival du virus
Identifié dans 22 pays, NB.1.8.1 s’infiltre progressivement en France. Une douzaine de cas ont été confirmés depuis mars, principalement dans le sud-est, et il représente désormais plus de 5 % des séquences analysées. À l’échelle mondiale, sa progression est rapide : de 2,5 % des séquences fin mars, il atteint 10,7 % fin avril. S’il reste classé au plus bas niveau d’alerte par l’OMS, il possède des mutations clés sur la protéine spike, capables d’améliorer la transmission et de contourner l’immunité acquise. Le scénario rappelle ceux des étés précédents, marqués eux aussi par une reprise des contaminations, mais sans saturation hospitalière majeure.
Immunité en recul, vaccination à la traîne
Le problème, c’est que cette année, la France aborde l’été avec une immunité affaiblie. Après une accalmie de six mois, le taux de vaccination a chuté : fin février, seuls 21,7 % des plus de 65 ans avaient reçu un rappel, contre 30 % l’an passé. Chez les moins de 65 ans à risque, la couverture est encore plus basse. En coulisses, une nouvelle campagne vaccinale est en cours, mais l’adhésion reste timide. L’été 2024 pourrait bien, une fois encore, voir le virus refaire surface – à petite ou à grande échelle