Santé mentale : les jeunes en détresse deux ans après le Covid
Santé mentale : les jeunes en détresse deux ans après le Covid

Pensées suicidaires en hausse, troubles émotionnels chez les enfants, isolement numérique : la pandémie a laissé des traces profondes dans la santé mentale des Français, et surtout chez les plus jeunes. Une vaste enquête nationale EpiCov, publiée le 4 juin, met en lumière un mal-être persistant, nourri par la précarité, les discriminations, l’usage intensif des écrans et la pression des réseaux sociaux. Menée auprès de 64 000 personnes de plus de 15 ans entre 2020 et 2022, l’étude révèle une hausse nette des pensées suicidaires, particulièrement marquée chez les moins de 25 ans. Chez les jeunes femmes, 8,7 % en déclarent aujourd’hui. Si les syndromes dépressifs légers reculent légèrement, les formes sévères stagnent à 5,3 % de la population.

Les écrans et l’isolement dans le collimateur

Chez les 15-24 ans, la situation est préoccupante : les troubles dépressifs sont plus fréquents aujourd’hui qu’avant le Covid. En revanche, les plus de 35 ans semblent avoir retrouvé un niveau de bien-être comparable à celui d’avant la crise. Les facteurs de risque sont clairs : exposition prolongée aux écrans, usage compulsif des réseaux sociaux, discriminations multiples, pauvreté, isolement social ou maladie chronique. Les consultations chez les généralistes pour raisons psychologiques baissent, mais celles chez les psychologues et psychiatres progressent. Pourtant, l’accès aux soins reste un angle mort : la moitié des personnes ayant des pensées suicidaires et 60 % des personnes souffrant de troubles sévères n’ont vu aucun professionnel. Et pendant ce temps, les enfants et ados, surtout les filles, affichent des signes de tristesse et d’anxiété en forte hausse. La crise semble loin d’être derrière eux.

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