Le Parlement européen réclame des limites d’âge sur les réseaux sociaux pour protéger la santé mentale des mineurs
Le Parlement européen réclame des limites d’âge sur les réseaux sociaux pour protéger la santé mentale des mineurs

Le Parlement européen a appelé mercredi à l’instauration d’un âge minimum pour l’accès des enfants aux réseaux sociaux, dans le but de répondre à la hausse des problèmes de santé mentale observés chez les adolescents exposés massivement aux plateformes numériques. Bien que non contraignante, cette résolution témoigne d’une inquiétude croissante au sein de l’Union face à l’influence des géants technologiques sur les plus jeunes.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays extérieurs à l’UE envisagent déjà des mesures radicales. L’Australie s’apprête ainsi à devenir le premier pays au monde à interdire totalement les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, tandis que le Danemark et la Malaisie étudient également des restrictions similaires. En Europe, Emmanuel Macron s’est prononcé pour une interdiction d’accès avant 15 ans, sans que les modalités d’une telle réglementation ne soient encore clairement définies au niveau communautaire, chaque État membre restant libre de fixer ses propres seuils d’âge.

La résolution adoptée par le Parlement a recueilli un large soutien : 483 voix pour, 92 contre et 86 abstentions. Elle recommande une interdiction générale d’accès aux plateformes en ligne, sites de partage de vidéos et outils d’intelligence artificielle pour les enfants de moins de 13 ans, ainsi qu’une interdiction pour les moins de 16 ans sans consentement parental. Les eurodéputés y voient un moyen de limiter l’impact psychologique potentiellement nocif d’une exposition précoce aux contenus numériques.

Lors du débat, la députée danoise Christel Schaldemose, auteure de la résolution, a dénoncé une « expérience » non contrôlée menée sur les jeunes Européens, affirmant que les grandes entreprises technologiques américaines et chinoises bénéficiaient d’un accès illimité à leur attention. Selon elle, la situation nécessite une intervention urgente afin de rétablir un équilibre entre innovation technologique et protection des mineurs.

Même si cette résolution ne force pas l’Union à légiférer immédiatement, elle devrait relancer les discussions entre les États membres et la Commission européenne sur une éventuelle harmonisation des règles, dans un contexte où la question de la santé mentale des jeunes devient un enjeu politique prioritaire.

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