Le marché immobilier français retrouve un souffle qu’il avait perdu depuis deux ans. Selon une étude réalisée par PAP.fr et consultée par nos confrères de franceinfo, le nombre d’acquéreurs a progressé de plus de 11 % en 2025, un rebond notable dans un secteur longtemps freiné par la hausse des taux et la baisse du pouvoir d’achat. Cette amélioration reste toutefois contrastée selon les territoires, avec des dynamiques très différentes d’une métropole à l’autre. Dans plusieurs villes, la détente des prix a permis à de nombreux ménages de renouer avec leurs projets, tandis que d’autres marchés restent bloqués par des niveaux tarifaires trop élevés pour attirer de nouveaux acheteurs. La reprise, en grande partie portée par les primo accédants, témoigne d’un regain de confiance lié à l’assouplissement des conditions de crédit et à la stabilisation progressive des prix au mètre carré.
Des métropoles qui se relancent grâce à la baisse des prix
Les plus fortes progressions d’acheteurs concernent Nantes, Montpellier et Marseille, des villes où les prix au mètre carré tournent autour de 3 600 à 3 700 euros, soit nettement moins que dans les métropoles les plus tendues. Cette correction des tarifs depuis deux ans explique en grande partie l’attrait renouvelé pour ces marchés, notamment pour les familles et les jeunes actifs qui recherchent un compromis entre cadre de vie et budget. Lille, Rennes, Toulouse, Nice ou encore Paris enregistrent également une hausse du nombre d’acquéreurs, même si les niveaux de prix y restent élevés. À l’inverse, des villes comme Bordeaux et Lyon subissent un recul de la demande, les prix avoisinant encore 4 500 euros le mètre carré. Dans ces agglomérations, les acquéreurs se tournent de plus en plus vers des communes voisines, moins coûteuses et mieux reliées au centre, comme Villeurbanne près de Lyon ou Floirac et Bègles autour de Bordeaux.
Des conditions d’emprunt plus favorables pour les ménages
La baisse des taux d’intérêt contribue largement à ce regain d’activité. Avec des taux retombés autour de 3,2 %, contre plus de 4 % fin 2023, les capacités d’achat se sont améliorées, même si elles restent très contrastées selon les villes. L’étude cite l’exemple d’un couple percevant 4 000 euros nets par mois : pour un emprunt sur vingt ans, la surface finançable varie de 72 m² à Marseille à seulement 25 m² à Paris, malgré la reprise observée dans la capitale. Cette amélioration des conditions de crédit profite surtout aux primo accédants, tandis que les investisseurs demeurent plus prudents face à une rentabilité affaiblie et à un marché locatif parfois contraint. Dans l’ensemble, les professionnels y voient un signe encourageant de stabilisation, même si le redémarrage du marché dépendra encore de l’évolution des taux et de la capacité des ménages à absorber des prix toujours élevés dans les zones les plus tendues.