La Commission européenne s’apprête à revenir sur l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035, selon Weber (AP)
La Commission européenne s’apprête à revenir sur l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035, selon Weber (AP)

La Commission européenne proposera mardi un ensemble de modifications réglementaires qui reviendrait sur l’interdiction programmée des moteurs à combustion dans les voitures neuves à partir de 2035, a déclaré vendredi Manfred Weber, chef du Parti populaire européen (PPE), relançant un débat majeur au sein de l’Union.

Cette prise de position, encore non confirmée officiellement par Bruxelles, marque un tournant potentiel dans la stratégie climatique de l’UE, qui avait adopté en 2022 un texte visant à mettre fin aux ventes de voitures thermiques afin d’accélérer la transition vers la mobilité électrique. Selon Weber, l’exécutif européen présenterait désormais une proposition assouplie, susceptible d’ouvrir la voie à la poursuite de la commercialisation de moteurs thermiques fonctionnant avec certains carburants alternatifs.

L’industrie automobile européenne, représentée notamment par BMW, Mercedes-Benz et Renault, suit de près ces discussions alors que les constructeurs doivent engager d’importants investissements pour respecter les normes prévues. Certains y voient une manière de préserver leur compétitivité face à la montée en puissance des véhicules électriques chinois et sur fond de tensions commerciales transatlantiques.

La marche arrière envisagée reflète également les pressions croissantes de plusieurs États membres, confrontés à des réticences politiques internes, à des inquiétudes sociales et à la nécessité de ménager les filières industrielles traditionnelles. Le PPE pousse depuis plusieurs mois pour une révision du calendrier, affirmant que la transition doit rester « réaliste » et ne pas fragiliser l’emploi dans le secteur automobile.

Les détails de la proposition de la Commission européenne devraient être révélés mardi. Un débat intense est néanmoins attendu entre les institutions européennes et les États membres, alors que le Green Deal reste au cœur des divisions politiques sur l’avenir énergétique et industriel du continent.

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