À Rome, les fidèles prient pour un pape proche des pauvres et artisan de paix
À Rome, les fidèles prient pour un pape proche des pauvres et artisan de paix

À Rome, dans les quartiers populaires comme dans les hauts lieux touristiques, les fidèles ont prié dimanche pour le futur pape, alors que le conclave destiné à élire le successeur de François approche. Du béton gris du quartier de Corviale, marqué par la précarité, aux mosaïques millénaires de la basilique Santa Maria in Trastevere, deux attentes majeures se dessinent : une Église proche des plus marginalisés et un pape engagé pour la paix dans un monde en crise.

Michele Cufaro, ouvrier du métal ayant grandi dans le gigantesque ensemble HLM de Corviale, espère un pontife qui poursuivra l’œuvre de François. « Qu’il s’occupe des pauvres, qu’il élimine la haine, la guerre, et qu’il rééduque la jeunesse », confie-t-il, les larmes aux yeux, à la sortie de la messe. Il se souvient de la visite marquante de François en 2018, au cours de laquelle le pape avait consolé un enfant inquiet du sort de son père athée défunt.

Ida Di Giovannantonio, autre habitante du quartier, insiste sur l’importance d’un pape « qui vient nous voir », rappelant les débuts difficiles de son installation dans le quartier il y a quarante ans. Elle trouve dans la paroisse de San Paolo della Croce un refuge et un lieu de solidarité, notamment par le biais de la banque alimentaire paroissiale.

À quelques kilomètres de là, dans le quartier bohème de Trastevere, Lisa Remondino, enseignante et membre de la communauté Sant’Egidio, espère un pape accueillant envers les migrants et courageux face aux puissances de guerre. Elle salue l’engagement de François, « seule voix contre les conflits et l’industrie de l’armement ».

Dans cette basilique historique, d’autres fidèles, comme Marta Finati, souhaitent voir le futur pape assumer un rôle moral et politique de référence, même au-delà du catholicisme. Le jeune Mathieu Dansoko, Malien arrivé en Italie il y a dix ans, résume l’espoir général : « Il faut un pape qui ait le courage de ramener les plus pauvres au centre. »

Le curé de Corviale, le père Roberto Cassano, affirme que la mort de François, survenue le 21 avril, a été « un coup dur » pour ses paroissiens. Pour lui, la visite papale avait brièvement mis fin à leur marginalisation. Il plaide pour une Église qui réinsuffle la présence de Dieu dans une société rongée par l’égoïsme.

Le cardinal indien Oswald Gracias, de passage dans sa paroisse romaine de San Paolo, a rappelé dans son homélie les héritages distincts des derniers papes, appelant les fidèles à prier pour que l’Esprit Saint « donne un pape adapté aux besoins de notre époque ».

Dans un monde troublé, la fidèle Elisabetta Bonifazi résume l’état d’esprit partagé par beaucoup : « Il faudra beaucoup de prières pour porter ce fardeau. »

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