Alinea replonge en redressement judiciaire
Alinea replonge en redressement judiciaire

L’enseigne d’ameublement Alinea vient d’être placée une nouvelle fois en redressement judiciaire par le tribunal des affaires économiques de Marseille, cinq ans après avoir déjà traversé la même procédure. Malgré un plan de transformation engagé en 2023 et l’ajout de magasins Zôdio dans son réseau, la marque n’a pas réussi à enrayer la dégradation de sa situation financière. Avec un résultat net déficitaire de 47 millions d’euros pour un chiffre d’affaires limité à 162 millions en 2024, l’entreprise se retrouve dans une position particulièrement fragile. Le tribunal a ouvert une période d’observation de six mois, afin d’examiner les solutions possibles pour ses 36 magasins et près de 1 200 salariés, dans l’espoir de trouver un repreneur capable de préserver au moins une partie de l’activité.

Des choix stratégiques fragilisés par un marché en recul

Le premier redressement avait entraîné la fermeture de dix sept magasins et la suppression de près de mille postes, avant que la marque ne soit reprise par ses propres actionnaires grâce à une mesure exceptionnelle liée à la crise sanitaire. Le rachat des magasins Zôdio n’a pas produit les effets espérés, les équipes manquant d’expérience pour vendre du mobilier dans un contexte commercial particulièrement tendu. Le marché de l’ameublement lui même continue de se contracter sous l’effet du ralentissement de la construction et de la crise immobilière, une tendance encore accentuée par la baisse du pouvoir d’achat et la concurrence agressive d’acteurs comme Ikea, But ou Conforama. Les enseignes discount et les plateformes internationales grignotent par ailleurs les marges de manœuvre des acteurs traditionnels sur les segments de la décoration du quotidien.

Une marque affaiblie mais pas sans atout

La direction, qui n’a pas commenté la décision, aurait fait part en interne de son intention de rechercher un ou plusieurs repreneurs. Les salariés redoutent toutefois qu’une éventuelle offre ne couvre qu’une partie des magasins, laissant planer la menace de nouvelles fermetures. Certains observateurs estiment que la marque n’est pas condamnée à disparaître : malgré ses difficultés, Alinea conserve une notoriété qui pourrait attirer des acteurs souhaitant s’implanter dans des zones où ils sont encore peu présents. Mais le risque d’un démantèlement reste réel, dans un secteur où les grandes enseignes du groupe Mulliez, comme Leroy Merlin ou Auchan, cohabitent déjà avec une concurrence féroce et des arbitrages stratégiques de plus en plus complexes.

Que retenir rapidement ?

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