Trump en Superman : une communication virale qui relance l’affaire Epstein
Trump en Superman : une communication virale qui relance l’affaire Epstein

Alors qu’une image officielle le représentant en justicier capé agite les réseaux, Donald Trump déclenche une vague de moqueries — et réveille des accusations embarrassantes.

Une image choc pour une stratégie bien huilée

La Maison Blanche a publié le 11 juillet sur ses réseaux sociaux une affiche retouchée du film Superman, où Donald Trump remplace l’homme d’acier. Costume moulant, cape rouge et slogan patriotique en lettres capitales : « Truth, Justice and the American Way ». En pleine sortie du Superman de James Gunn avec David Corenswet, l’objectif est limpide : aligner l’image du président à celle d’un héros américain immaculé, symbole de force et de droiture. L’affiche, saluée par une partie des partisans MAGA, a rapidement dépassé les 100 000 likes.

Ce n’est pas la première fois que Trump mobilise des symboles visuels aussi forts : en mai, il s’affichait sur Truth Social en Pape, soutane blanche et croix dorée, déclarant qu’« aucun Pape n’aurait fait mieux que lui ». Un usage assumé de l’imagerie religieuse et super-héroïque pour renforcer sa stature messianique dans une campagne polarisée.

Mais cette dernière publication a surtout réveillé une polémique que Donald Trump aurait sans doute préféré laisser enfouie.

Le retour de la « kryptonite » Epstein

Derrière l’ironie immédiate des internautes, une accusation revient en boucle dans les commentaires : si Trump se prétend invincible comme Superman, alors sa « kryptonite » serait l’affaire Epstein. Allusion à la « liste Epstein » – censée contenir les noms de personnalités liées au réseau pédocriminel dirigé par Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019. Malgré le démenti du FBI et du Département de la Justice le 7 juillet, qui affirment qu’aucun tel registre officiel n’existe, les rumeurs prospèrent sur les réseaux.

Certains utilisateurs de X et Instagram affirment que si Trump ne publie pas cette fameuse liste, c’est parce qu’il y figurerait lui-même, reprenant une insinuation formulée par Elon Musk au moment de sa démission de Twitter. La comparaison entre Superman et Trump s’inverse alors : l’homme d’acier, censé défendre la vérité et la justice, devient pour ses détracteurs une figure masquant des vérités gênantes.

D’autres critiques voient dans cette mise en scène un écho dérangeant au personnage de Homelander, superhéros mégalomane et brutal de la série The Boys, obsédé par le culte de sa propre image. Une analogie peu flatteuse qui souligne les tensions actuelles dans le paysage politique et culturel américain.

Entre cinéma et politique, un champ de bataille symbolique

Cette tentative d’appropriation de Superman par Donald Trump intervient dans un contexte où le nouveau film de James Gunn est lui-même ciblé par une partie de la droite conservatrice. Le réalisateur y propose une lecture pro-immigration du personnage de Kal-El, immigrant kryptonien élevé dans le Midwest, qui dérange certains commentateurs comme Dean Cain, ex-Clark Kent dans les années 1990 et fervent républicain.

Là où le film célèbre les valeurs d’ouverture et d’accueil, Trump tente d’incarner un Superman musclé, protecteur d’une Amérique rigide et virile. Une bataille culturelle qui dépasse le cadre du cinéma pour s’inscrire dans une guerre des symboles que le camp conservateur mène depuis des années. Mais à jouer les superhéros, Trump réactive aussi ses zones d’ombre.

Et à mesure que ses mises en scène s’intensifient, ses adversaires semblent eux aussi décidés à brandir leur propre arme : le souvenir d’affaires passées qui, pour beaucoup, restent à élucider.

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