Un homme de 28 ans, présenté par les enquêteurs comme proche de l’ultragauche radicale violente, a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes. Il est soupçonné d’avoir envisagé une attaque contre les forces de l’ordre. Placé sous contrôle judiciaire le 4 juillet, il fait désormais l’objet d’un appel du Parquet national antiterroriste (Pnat), qui conteste cette décision.
Le suspect, serveur de profession et domicilié dans l’Essonne, a été interpellé dans le cadre d’une enquête antiterroriste. Lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs ont notamment découvert des manifestes politiques ainsi que des tutoriels expliquant la fabrication d’armes artisanales. Les investigations ont également mis en évidence des échanges avec un individu présenté comme proche de la mouvance anarchiste au Rojava, dans le nord-est de la Syrie.
La défense dénonce une qualification terroriste disproportionnée
Les avocats du mis en examen contestent fermement les accusations. Ils assurent que leur client n’a jamais appartenu à une organisation d’ultragauche ni participé à des actions militantes radicales, affirmant que sa seule participation à une manifestation remonte au 1er Mai. Selon eux, il aurait entretenu sur internet une image fictive d’activiste engagé, sans que celle-ci ne corresponde à la réalité.
La défense estime que le dossier ne relève pas de la compétence du parquet antiterroriste. Si certains propos ou publications pouvaient, selon elle, justifier des investigations pour apologie ou incitation à la haine, elle juge la qualification d’association de malfaiteurs terroriste « totalement disproportionnée » et dénonce une construction judiciaire sans fondement suffisant.
Une menace suivie de près par les services de renseignement
Selon une source sécuritaire, les services français recensent entre 2 000 et 2 500 militants d’ultragauche radicale connus. Les dossiers liés à cette mouvance restent toutefois rares devant la justice antiterroriste.
La précédente affaire majeure remonte au procès de plusieurs sympathisants d’ultragauche condamnés en 2023 pour association de malfaiteurs terroriste. Avant cela, l’affaire de Tarnac, ouverte en 2008 pour des sabotages de lignes TGV, avait finalement vu les qualifications terroristes abandonnées avant le procès, qui s’était conclu en 2018 par une relaxe quasi générale.
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