Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont de nouveau tendues vendredi, après que les autorités talibanes ont accusé Islamabad d’avoir mené des frappes aériennes sur leur territoire plus tôt cette semaine, tandis que le gouvernement pakistanais a mis en garde contre de nouvelles mesures contre les groupes militants opérant depuis l’Afghanistan.
Selon les talibans, plusieurs frappes ont visé des zones frontalières dans les provinces de Khost et Paktika, provoquant des dégâts matériels et la mort de plusieurs civils. Kaboul a dénoncé une violation de sa souveraineté et a appelé le Pakistan à cesser ses « provocations militaires ».
De son côté, le porte-parole des forces armées pakistanaises, le général Ahmed Sharif Chaudhry, a déclaré lors d’un point de presse que le Pakistan « ne resterait pas les bras croisés » face aux attaques menées depuis l’Afghanistan par des militants du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe considéré comme responsable d’une recrudescence d’attentats sur le sol pakistanais.
Islamabad accuse depuis plusieurs mois l’administration talibane d’offrir un refuge sûr au TTP, qui partage des liens idéologiques et historiques avec les talibans afghans. Les dirigeants de Kaboul ont toujours rejeté ces accusations, affirmant qu’ils ne permettent pas à des groupes étrangers d’utiliser leur territoire pour attaquer d’autres pays.
Cette nouvelle escalade intervient alors qu’un haut responsable taliban vient d’effectuer une visite inédite en Inde, adversaire historique du Pakistan, accentuant les tensions régionales.
Les observateurs redoutent que ces incidents frontaliers ne fassent dérailler les efforts de coopération sécuritaire entre Kaboul et Islamabad, au moment où les deux pays sont confrontés à une intensification des violences jihadistes et à une crise humanitaire persistante.