Face à la montée rapide des jeux d’argent en ligne, plusieurs pays africains durcissent leur fiscalité sur le secteur, dans le double objectif de lutter contre l’addiction et d’augmenter les recettes publiques.
Longtemps marginale, cette activité connaît une expansion spectaculaire sur le continent, portée par la généralisation des smartphones et l’accès facilité aux plateformes de paris en ligne. En Afrique du Sud, principal marché du secteur, les autorités estiment que près des deux tiers des adultes participent désormais à des jeux d’argent en ligne, contre environ 30 % en 2017.
Pour répondre à cette évolution, le gouvernement sud-africain envisage notamment l’instauration d’une taxe nationale de 20 % sur les bénéfices des opérateurs. Cette mesure pourrait plus que doubler les recettes fiscales liées au secteur, qui passeraient d’environ 4,8 milliards à près de 10 milliards de rands par an.
D’autres pays africains suivent une trajectoire similaire, cherchant à encadrer une activité en plein essor, souvent alimentée par les difficultés économiques et le chômage, notamment chez les jeunes.
Cependant, l’industrie du jeu met en garde contre les effets pervers de ces politiques fiscales. Les opérateurs estiment qu’une taxation trop élevée pourrait pousser une partie de l’activité vers des circuits clandestins, échappant à toute régulation et réduisant les revenus attendus par les États.
Le débat oppose ainsi les impératifs de santé publique et de régulation à ceux du développement économique et de la viabilité du secteur.
À mesure que le marché des jeux d’argent continue de croître en Afrique, les gouvernements devront trouver un équilibre entre encadrement, fiscalité et prévention des risques liés à l’addiction.
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