Ce lundi, plusieurs personnalités publiques, dont la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, le maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), ainsi que son épouse, la journaliste Laura Tenoudji-Estrosi, ont été placées en garde à vue à Marseille. Cette garde à vue s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire portant sur l’organisation de deux événements tenus à Nice en 2023.
Une dizaine de personnes ont été convoquées ce même jour dans le cadre de deux enquêtes distinctes mais connexes, initialement ouvertes à Nice, puis transférées à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Celles-ci portent sur l’organisation du concours Eurovision Junior 2023, diffusé par France Télévisions, et du Nice Climate Summit, un colloque sur le climat co-organisé par le média économique La Tribune avec le soutien de la municipalité niçoise.
Des soupçons de favoritisme et de détournements de fonds
L’enquête judiciaire vise à faire la lumière sur de possibles irrégularités financières et conflits d’intérêts, notamment sur des faits présumés de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, ainsi que de faux en écriture publique.
Le parquet de Marseille a pour sa part indiqué ne pas souhaiter commenter l’affaire « à ce stade de la procédure ».
Dans un communiqué diffusé le vendredi 21 juin, France Télévisions avait reconnu la convocation de sa présidente ainsi que celle de plusieurs collaborateurs et d’une filiale du groupe public. L’entreprise audiovisuelle s’est dite prête à coopérer pleinement avec les autorités judiciaires, tout en précisant qu’elle réservait ses explications aux enquêteurs.
La participation controversée de Laura Tenoudji
L’implication de Laura Tenoudji-Estrosi, ex-chroniqueuse emblématique de l’émission Télématin sur France 2 et épouse du maire de Nice depuis 2016, fait partie des points centraux de l’enquête. Elle devait intervenir à deux tables rondes durant le Nice Climate Summit, un événement soutenu financièrement par la Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur. Après la polémique, et à la suite d’un signalement de conseillers municipaux écologistes, elle avait finalement renoncé à y participer. La mairie avait alors publié un communiqué affirmant qu’elle devait intervenir « à titre bénévole ».
Concernant l’Eurovision Junior, les enquêteurs s’intéressent notamment au choix de confier à Laura Tenoudji la co-animation de la cérémonie d’ouverture, une décision jugée problématique au regard du soutien massif apporté par la ville de Nice à l’organisation de l’événement. La municipalité aurait pris en charge près de 605.000 euros de dépenses liées à la tenue du concours, une générosité publique jugée excessive par certains élus d’opposition et désormais examinée par la justice.
Jean-Christophe Tortora également entendu
Autre figure convoquée dans le cadre de cette affaire : Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune et directeur général de la société CMA Média, co-organisatrice du Nice Climate Summit. Son rôle est scruté de près dans la mise en œuvre logistique et financière du colloque.