SOCIÉTÉ Manifestations et conflits sociaux

Blocages de lycées : le Syndicat de la magistrature appelle à cesser de « réprimer la jeunesse pour la faire taire »

Blocages de lycées : le Syndicat de la magistrature appelle à cesser de « réprimer la jeunesse pour la faire taire »
Blocages de lycées : le Syndicat de la magistrature appelle à cesser de « réprimer la jeunesse pour la faire taire »

Le Syndicat de la magistrature s’est invité dans le débat sur la réponse judiciaire aux mobilisations lycéennes. Alors que plusieurs centaines d’établissements sont touchés par des blocages ou des perturbations ce vendredi 2 octobre, l’organisation syndicale appelle les pouvoirs publics à cesser de « réprimer la jeunesse pour la faire taire ». Cette prise de position intervient dans un contexte de multiplication des interpellations et de durcissement du discours gouvernemental face aux violences et dégradations commises en marge de certains rassemblements.

Le ministère de l’Éducation nationale recensait à la mi-journée 564 établissements ayant fait ou faisant encore l’objet d’actions ou de perturbations. Plus de 400 lycées avaient par ailleurs fermé leurs portes ou basculé vers l’enseignement à distance. Le gouvernement distingue les revendications exprimées par les élèves des violences constatées dans certains établissements et autour des rassemblements.

Le syndicat critique une réponse jugée trop répressive

Le Syndicat de la magistrature défend de longue date une conception de la justice des mineurs donnant une place centrale à l’éducation et à la protection. Dans ses publications consacrées à ce sujet, il critique régulièrement les politiques qu’il considère comme reposant principalement sur le durcissement pénal, et appelle à préserver la spécificité de la justice applicable aux enfants et adolescents.

Sa réaction intervient alors que le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé aux procureurs de mobiliser notamment la responsabilité civile des parents lorsque des mineurs sont responsables de dégradations. Pour le gouvernement, ces mesures doivent permettre de sanctionner les actes violents sans remettre en cause le droit de manifester. Le Syndicat de la magistrature conteste pour sa part une réponse qu’il estime excessivement centrée sur la pénalisation.

Une organisation régulièrement critique des politiques sécuritaires

Cette position s’inscrit dans une ligne déjà défendue par le syndicat. En 2026, il s’est notamment opposé à plusieurs réformes pénales concernant les mineurs et à différentes dispositions sécuritaires, en estimant qu’elles risquaient de renforcer la répression au détriment de la prévention et de l’accompagnement éducatif. Le Syndicat de la magistrature revendique plus largement un rôle de défense des libertés publiques et de critique des politiques pénales gouvernementales.

Le gouvernement insiste de son côté sur les atteintes aux personnes et aux biens relevées depuis le début du mouvement. La séquence oppose donc deux approches : l’exécutif met en avant la nécessité de répondre aux violences et aux dégradations, tandis que le Syndicat de la magistrature demande que la contestation lycéenne ne soit pas traitée principalement sous l’angle pénal.

La mobilisation se poursuit dans plusieurs villes

Des actions ont encore été signalées vendredi à Paris, Nice, Reims ou Montigny-lès-Metz. Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray doit parallèlement poursuivre les échanges avec les représentants lycéens et les associations de parents d’élèves afin de tenter de répondre aux revendications portant notamment sur les conditions d’enseignement et les moyens des établissements.

Avec plus de 500 établissements concernés dans la matinée, la contestation reste donc importante. Les prochains jours permettront de mesurer si le dialogue engagé avec les organisations lycéennes permet une décrue du mouvement ou si les tensions autour des blocages et de leur traitement judiciaire se prolongent.

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