Ryad prêt à relancer le commerce avec le Liban après des progrès contre le trafic de drogue (AP)
Ryad prêt à relancer le commerce avec le Liban après des progrès contre le trafic de drogue (AP)

L’Arabie saoudite a annoncé jeudi son intention de renforcer prochainement ses relations commerciales avec le Liban, estimant que les autorités libanaises ont montré une « efficacité » notable dans la lutte contre le trafic de drogue à destination du royaume ces derniers mois. Cette évolution marque un possible assouplissement des restrictions imposées depuis des années par Riyad, même si plusieurs obstacles politiques demeurent, notamment la question du Hezbollah.

Les liens entre les deux pays sont tendus depuis longtemps en raison de l’influence du Hezbollah, soutenu par l’Iran, sur la scène politique et sécuritaire libanaise. Riyad considère toutefois que le groupe a été affaibli par la guerre contre Israël l’an dernier et voit dans cette situation une opportunité de réengagement. Un haut responsable saoudien, s’exprimant sous anonymat, a affirmé que le royaume prendrait « des mesures imminentes » pour faciliter le commerce bilatéral et lever certains obstacles aux exportations libanaises.

Selon cette source, une délégation saoudienne se rendra prochainement à Beyrouth pour discuter des modalités d’allégement des restrictions, sans préciser les secteurs concernés. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a salué cette initiative dans un message publié sur le réseau X, exprimant sa gratitude au royaume pour sa volonté déclarée de relancer les échanges commerciaux.

L’Arabie saoudite avait imposé en 2021 une interdiction totale des importations libanaises, invoquant la contrebande de Captagon, une drogue produite au Liban et en Syrie. Cette décision avait gravement affecté l’économie libanaise, déjà éprouvée par la crise financière de 2019, en coupant l’accès de ses produits agricoles aux marchés du Golfe. Depuis plusieurs années, des États occidentaux et arabes accusent le régime syrien de Bachar al-Assad et le Hezbollah d’être au cœur de la production et du trafic de Captagon, ce que les deux entités démentent. La chute d’Assad en 2024 a toutefois bouleversé les équilibres régionaux et révélé l’ampleur des installations de production dans les zones anciennement sous son contrôle.

Riyad estime que les récentes actions du président libanais Joseph Aoun et du Premier ministre Salam — tous deux soutenus par l’Arabie saoudite lors de leur accession au pouvoir — constituent des signaux positifs. En septembre, Beyrouth a approuvé un plan historique visant au désarmement progressif du Hezbollah, en commençant par le sud du fleuve Litani. Mais la mise en œuvre du programme avance lentement, entravée à la fois par des difficultés logistiques et par la crainte de tensions internes dans un pays marqué par des décennies de violences sectaires.

Les États-Unis pressent le Liban d’accélérer la transition, tandis qu’Israël accuse le Hezbollah de tenter de se réarmer et poursuit des frappes quasi quotidiennes sur ce qu’il présente comme des cibles du mouvement. Ces attaques nourrissent un climat d’incertitude pour les Libanais, inquiets d’une possible escalade.

Selon le haut responsable saoudien, les efforts du gouvernement libanais pour empêcher que le pays ne soit utilisé comme plateforme de menaces contre la sécurité des États arabes devraient favoriser une amélioration durable des relations bilatérales. Si Riyad assouplit effectivement ses restrictions commerciales, cela constituerait l’un des premiers signes tangibles de détente entre les deux pays depuis plusieurs années.

Que retenir rapidement ?

L’Arabie saoudite a annoncé jeudi son intention de renforcer prochainement ses relations commerciales avec le Liban, estimant que les autorités libanaises

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