Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a insisté vendredi, lors d’un appel avec son homologue des Émirats arabes unis, sur la nécessité d’instaurer rapidement un cessez-le-feu humanitaire au Soudan. Cette discussion intervient quelques jours après les déclarations particulièrement fermes du chef de la diplomatie américaine, qui avait appelé à couper tout acheminement d’armes vers les Forces de soutien rapide (RSF), engagées depuis plus de deux ans et demi dans un conflit meurtrier contre l’armée soudanaise.
La guerre, déclenchée en avril 2023, a entraîné ce que l’ONU décrit comme la pire crise humanitaire mondiale actuelle, sur fond de baisse des budgets internationaux de l’aide. À la mi-octobre, environ 12,5 millions de personnes avaient été déplacées, tandis que près de 140 000 habitants avaient fui les récentes attaques des RSF contre al-Fashir et plusieurs localités du Kordofan.
Rubio a déclaré que Washington mobilisait tous ses leviers pour faire pression sur les belligérants et tarir l’approvisionnement militaire des paramilitaires. Sans citer explicitement les Émirats arabes unis, il a indiqué que « les parties impliquées » faisaient déjà l’objet de discussions diplomatiques au plus haut niveau. Abu Dhabi est en effet accusé par l’armée soudanaise et des experts onusiens d’avoir fourni des armes aux RSF — des accusations que les Émirats ont de nouveau rejetées, affirmant n’apporter aucun soutien militaire aux camps en présence.
Rubio n’a pas exclu un éventuel classement des RSF comme organisation terroriste si cette mesure pouvait contribuer à stopper les combats. La chute d’al-Fashir le 26 octobre, désormais sous contrôle des paramilitaires, a renforcé l’influence de la milice sur l’ensemble du Darfour.
Parallèlement, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a alerté sur le sort de dizaines de milliers de personnes portées disparues après avoir fui la ville assiégée, alors que se multiplient les témoignages faisant état de violences, viols et exactions commises lors de leur fuite.
Rubio a conclu en réaffirmant l’urgence d’une action internationale : « Il faut que ça cesse. »