Le groupe rebelle colombien de l’Armée de libération nationale (ELN) a fermement nié mardi toute implication dans le bateau de trafic de drogue détruit récemment par les forces américaines dans les Caraïbes, près des côtes du Venezuela. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, l’organisation a qualifié ces accusations de « mensongères » et contraires à ses principes internes.
« L’Armée de libération nationale n’a pas et n’aura jamais de bateau lié à des activités de trafic de drogue, ni dans les Caraïbes ni dans aucun autre océan », a déclaré le mouvement, précisant que ce type d’activités est strictement interdit par ses propres règles.
Ces déclarations surviennent une semaine après que le président américain Donald Trump a annoncé sur Truth Social que les forces américaines avaient « neutralisé un navire lié à des trafiquants soutenus par des groupes terroristes colombiens », sans fournir de preuves concrètes. Washington n’a pas directement cité l’ELN, mais plusieurs médias américains ont relayé des informations attribuant la propriété du bateau au groupe rebelle.
L’incident, survenu dans les eaux internationales au large du Venezuela, a déjà suscité de fortes tensions régionales. Caracas a dénoncé une « agression unilatérale » de la part des États-Unis, tandis que Bogotá a réaffirmé sa volonté de vérifier les faits avant de commenter.
L’ELN, fondé dans les années 1960 par des prêtres d’inspiration marxiste, est aujourd’hui la dernière guérilla active de Colombie. Bien qu’il ait officiellement accepté d’ouvrir des pourparlers de paix avec le gouvernement de Gustavo Petro, ses opérations armées et ses liens présumés avec le narcotrafic demeurent une source constante de polémique.
Le démenti du groupe intervient dans un climat diplomatique tendu entre la Colombie, le Venezuela et les États-Unis, marqué par des divergences sur la lutte contre le trafic de drogue et la stabilité régionale. Aucune enquête indépendante n’a encore permis de déterminer l’identité réelle des occupants du navire détruit.