La Syrie prépare son premier Parlement depuis la chute d’Assad, mais les doutes persistent sur l’inclusivité
La Syrie prépare son premier Parlement depuis la chute d’Assad, mais les doutes persistent sur l’inclusivité

La Syrie s’apprête à instaurer un nouveau Parlement, une première depuis la chute de Bachar al-Assad, mais le processus soulève de vives inquiétudes quant à la diversité politique et à la représentativité du futur organe législatif.

Selon les autorités, deux tiers des 210 membres de l’Assemblée du peuple seront élus le 5 octobre par des collèges électoraux régionaux, eux-mêmes désignés par des comités locaux. Le tiers restant sera directement nommé par le président par intérim Ahmed al-Sharaa.

Damas justifie ce système par l’absence de données démographiques fiables et par les déplacements massifs de population après des années de guerre. Mais cette organisation hautement centralisée a suscité les critiques de l’opposition, qui dénonce une élection verrouillée dès le départ.

Certaines régions resteront exclues du processus, notamment les zones à majorité kurde, la province druze et des territoires encore instables. Cette absence alimente la méfiance à l’égard d’un gouvernement dominé par les islamistes sunnites, accusé de marginaliser les minorités kurdes, druzes et alaouites.

Le scrutin sera supervisé par un organe de 11 membres nommé en juin par Sharaa, chargé de mettre en place les sous-comités régionaux. Une liste préliminaire de 6 000 électeurs a été publiée. Pour pouvoir se présenter, il faut d’abord avoir été sélectionné comme membre d’un de ces collèges électoraux.

L’Assemblée du peuple, une fois constituée, disposera de pouvoirs limités dans le cadre d’un système présidentiel qui concentre l’essentiel de l’autorité entre les mains de Sharaa, renforçant les doutes sur la capacité de cette élection à marquer une véritable transition démocratique.

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