Le président taïwanais Lai Ching-te a publié jeudi sur les réseaux sociaux des photos de lui dégustant des sushis importés du Japon, un geste destiné à afficher son soutien à Tokyo dans un climat diplomatique de plus en plus tendu avec la Chine.
Selon des responsables à Tokyo, Pékin a indiqué qu’il envisageait de suspendre les importations de produits de la mer japonais, alors que les tensions se sont aggravées depuis que le nouveau Premier ministre japonais a laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque chinoise contre Taïwan.
Dans sa publication, Lai demande à ses abonnés : « Qu’est-ce que vous mangez ? C’est peut-être le bon moment pour manger japonais », apparaissant assis, baguettes à la main, devant une assiette de sushis composés notamment de sériole de Kagoshima et de pétoncles d’Hokkaido. Il a souligné que ce geste témoignait de « la solide amitié entre Taïwan et le Japon ».
Le gouvernement taïwanais accuse Pékin d’utiliser l’« intimidation économique » à travers des interdictions ciblant régulièrement des produits taïwanais, comme l’ananas ou le poisson, dans le cadre d’une pression politique plus large. Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, a déclaré que ces mesures, combinées à la coercition militaire chinoise, visaient à « intimider d’autres nations ».
Lin a appelé les Taïwanais à soutenir davantage Tokyo en voyageant au Japon et en consommant plus de produits japonais.
Depuis Pékin, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a affirmé que Taïwan faisait « partie inséparable du territoire chinois », estimant que « peu importe le spectacle que les autorités de Lai Ching-te mettent en scène, cela ne changera rien à ce fait ».
La Chine revendique la souveraineté sur Taïwan et n’exclut pas d’utiliser la force pour en prendre le contrôle. Taipei rejette ces revendications, rappelant que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir.
Le Japon et Taïwan entretiennent des liens étroits mais officieux, hérités notamment de l’histoire : Tokyo a administré l’île de 1895 à 1945, et les deux sociétés conservent aujourd’hui des relations culturelles et économiques profondes.