Le service américain de l’immigration et des douanes (ICE) prévoit de créer un centre d’appels chargé de recueillir des informations sur les enfants migrants non accompagnés, dans le cadre d’un vaste programme de traçage et d’expulsion initié par l’administration Trump. Selon un document contractuel rendu public mardi, ce centre fonctionnera en partenariat avec les polices d’État et locales.
L’objectif affiché est de centraliser les signalements concernant la présence de mineurs en situation irrégulière et de transmettre ces données aux autorités fédérales. Le centre, qui devrait traiter entre 6 000 et 7 000 appels par jour, opérera en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
L’administration Trump a lancé en février une campagne sans précédent visant à retrouver et à expulser des enfants ayant franchi illégalement la frontière entre les États-Unis et le Mexique sans parent ni tuteur légal. Selon plusieurs sources, cette politique s’est accompagnée de tentatives d’expulsion de mineurs guatémaltèques alors même que leurs dossiers étaient encore en cours d’examen par les tribunaux d’immigration.
Ces mesures s’inscrivent dans un durcissement général de la politique migratoire américaine. Sous Trump, le programme 287(g), qui permet à des agences locales de collaborer avec l’ICE pour procéder à des arrestations liées à l’immigration, est passé de 135 à plus de 1 100 partenariats actifs à travers le pays.
Les défenseurs des droits des migrants dénoncent une initiative qui risque de fragiliser encore davantage la confiance entre les communautés immigrées et les forces de l’ordre. Selon eux, ces dispositifs dissuadent les victimes ou témoins d’infractions de signaler des crimes par peur d’être arrêtés.
Le futur centre d’appels devrait être installé à Nashville, dans le Tennessee, bien que le document ne précise pas les raisons de ce choix. Ce lieu coïncide avec le siège de CoreCivic, une entreprise privée partenaire de longue date de l’ICE et gestionnaire de plusieurs centres de détention pour migrants à travers le pays.
Ni le département de la Sécurité intérieure (DHS), ni l’ICE, ni CoreCivic n’ont pour l’instant commenté cette information.