Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition avec Maldoror, un spectacle-fleuve de cinq heures
Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition avec Maldoror, un spectacle-fleuve de cinq heures

C’est parti pour trois semaines sous le signe du spectacle vivant. La 80e édition du Festival d’Avignon a débuté ce samedi 4 juillet dans la cité papale, avec en ouverture Maldoror, une pièce de cinq heures signée Julien Gosselin, directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, présentée dans la Cour d’honneur du Palais des papes. Ce spectacle, inspiré de textes de l’écrivain chilien Roberto Bolaño et des poèmes des Chants de Maldoror de Lautréamont, mêle musique forte, vidéo et démesure. « J’ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l’horreur », a confié Gosselin à l’AFP. Dans les rues de la ville, les compagnies du Off ont investi les 141 théâtres disponibles, proposant au total 1 780 spectacles et 27 000 représentations. « Il y a des spectacles pour tous les goûts », a déclaré le directeur du Festival Tiago Rodrigues, décrivant cette édition comme une « fête de la création ».

Les femmes majoritaires pour la première fois, et les arts coréens à l’honneur

Cette 80e édition marque une première historique : pour la première fois, le Festival in compte plus de metteuses en scène que de metteurs en scène, avec 27 femmes contre 16 hommes et 6 collectifs. Parmi les 24 artistes français invités figurent Jeanne Candel, Rebecca Chaillon et Boris Charmatz, aux côtés de 25 artistes internationaux dont les Brésiliennes Christiane Jatahy et Carolina Bianchi, l’Égyptien Ahmed El Attar ou le collectif belge flamand TG Stan. La langue coréenne est la langue invitée de cette édition, après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, et représente environ 20% de la programmation totale. La prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, dont une lecture performance réunissant Isabelle Huppert et l’actrice coréenne Hyeyoung Lee. Le festival se conclura par une nuit de réflexions dans la Cour d’honneur « autour des questions que l’art peut poser au monde ».

Un contexte budgétaire tendu pour le secteur du spectacle vivant

L’ouverture du festival se déroule sous tension financière. À la veille de la première, plusieurs organisations professionnelles ont écrit à Emmanuel Macron pour s’alarmer d’un possible gel des dotations du second semestre pour 28 structures du spectacle vivant, dont de nombreux opéras, deux théâtres parisiens et quatre orchestres. La ministre de la Culture Catherine Pégard a assuré qu’il n’y aurait « pas d’annulation de crédit, il ne pourrait y avoir que des reports », ajoutant que le gouvernement « se bat pour que ça n’arrive pas ». Dans ce contexte, des « assises » réunissant équipes artistiques, institutions et collectivités se tiennent en parallèle du festival sur trois jours, portant sur les conditions économiques et de diffusion des spectacles, une réflexion qui se poursuivra en 2027.

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