Retraites: l’Assemblée nationale adopte un texte demandant l’abrogation de la réforme
Retraites: l’Assemblée nationale adopte un texte demandant l’abrogation de la réforme

Ce jeudi, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution symbolique visant à abroger la réforme des retraites de 2023, qui avait repoussé l’âge légal de départ à 64 ans. Initiée par le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, cette résolution a été approuvée par 198 députés contre 35, sans valeur législative contraignante mais avec une portée politique significative.

Une victoire symbolique pour les opposants à la réforme

Stéphane Peu, député communiste de Seine-Saint-Denis et président du groupe GDR, a souligné que “les Français ont de la mémoire et n’ont pas tourné la page”, en référence à une étude Ifop commandée par la CGT en avril 2025, indiquant que deux tiers des Français souhaitent l’abrogation de la réforme. Il a également critiqué le recours au 49.3 par le gouvernement pour faire passer la réforme sans vote parlementaire, estimant que cela n’a “respecté aucune des règles les plus élémentaires de la démocratie sociale et du parlementarisme”.

Soutiens et critiques au sein de l’hémicycle

La résolution a reçu le soutien des groupes de gauche, notamment La France insoumise, les socialistes et les écologistes, ainsi que du Rassemblement national. Cependant, le député RN Théo Bernhardt a accusé la gauche d’être “complice” du bloc central pour avoir refusé de soutenir une proposition similaire du RN en octobre 2024. Il a déclaré : “Sans le Rassemblement national, personne ne pourra rien pour abroger ou pour tenter d’abroger la réforme des retraites”.

La majorité présidentielle minimise la portée du vote

Du côté de la majorité présidentielle, la députée Renaissance Stéphanie Rist a qualifié la résolution de “paresseuse et stérile”, affirmant qu’elle ne propose “aucune alternative viable de financement”. La ministre déléguée chargée du Travail et de l’Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet, a rappelé que “la démographie et l’allongement de la durée de vie constituent des contraintes qui conditionnent les recettes et les dépenses de notre système de retraites”. Elle a également souligné que depuis les premières réformes du gouvernement Balladur en 1993, aucune réforme des retraites n’a été abrogée par la suite.

Bien que non contraignante, cette résolution augmente la pression politique sur le gouvernement. Stéphane Peu a averti que si l’exécutif ne tient pas compte de ce vote, “nous saurons en tenir les conséquences”, laissant entendre la possibilité d’une motion de censure.

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