Wael Naouar, membre de la flottille Sumud pour Gaza, a été hospitalisé après près de six semaines de grève de la faim dans une prison tunisienne. La Ligue tunisienne des droits de l’homme le dit « au bord de la mort ».
La situation de Wael Naouar, militant pro-palestinien détenu en Tunisie, est devenue critique. Hospitalisé après 39 jours de grève de la faim, cet activiste de la flottille Gaza Sumud a perdu plus de 20 kilogrammes et souffre de douleurs généralisées, de malaises répétés, de difficultés respiratoires et d’hallucinations, selon les informations transmises par son avocat et par des membres du comité de soutien aux détenus.
Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme, a qualifié mercredi son état de « très critique » et l’a décrit comme étant « au bord de la mort ». La flottille Gaza Sumud a dénoncé dans un communiqué le refus des autorités tunisiennes de communiquer la moindre information à la famille et aux avocats du militant hospitalisé, y compris après le rejet par un juge d’un appel contre la prolongation de sa détention provisoire.
Naouar est incarcéré depuis mars dernier avec trois autres militants, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Channoufi. Les quatre hommes sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds collectés pour la campagne internationale visant à briser le blocus israélien de Gaza. Aucun d’eux n’a été condamné ; ils se trouvent en détention provisoire dans le cadre d’une enquête pour « flux financiers suspects ».
Leur arrestation fait suite à l’interception, en septembre 2025, de la flottille par Israël, qui avait alors détenu puis expulsé les militants vers la Tunisie. Depuis, leurs soutiens multiplient les mobilisations : samedi dernier, une manifestation réclamant leur libération s’est soldée par l’arrestation d’au moins onze participants.
L’organisation Human Rights Watch a documenté ce qu’elle décrit comme une instrumentalisation des procédures financières et pénales par les autorités tunisiennes à l’encontre de militants de la société civile. Le gouvernement rejette toute qualification politique des poursuites. Le président Kaïs Saïed affirme que les libertés sont garanties, que la justice est indépendante et que nul n’est au-dessus des lois.

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