Nouvelle arrestation de journaliste en Azerbaïdjan : la répression des médias indépendants s'intensifie
Nouvelle arrestation de journaliste en Azerbaïdjan : la répression des médias indépendants s'intensifie

Les autorités azerbaïdjanaises ont procédé mercredi à l’arrestation d’Ulviyya Ali, journaliste pour la chaîne de télévision indépendante Meydan, ont rapporté les médias locaux. Cette interpellation porte à sept le nombre de journalistes de la chaîne actuellement poursuivis dans le cadre d’enquêtes pénales que de nombreuses organisations de défense des droits considèrent comme politiquement motivées.

Placée en détention provisoire pour une durée initiale d’un mois et 29 jours, Ulviyya Ali est soupçonnée de trafic d’êtres humains, des accusations qu’elle nie formellement. Ses avocats n’ont pas encore pu s’exprimer publiquement, mais ses collègues dénoncent une manœuvre destinée à museler un média critique du pouvoir.

Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes contre les voix indépendantes en Azerbaïdjan. Depuis plusieurs mois, d’autres journalistes affiliés à Meydan TV ont été accusés de contrebande — une autre charge fréquemment utilisée contre les opposants et les activistes — qu’ils réfutent également, dénonçant une campagne de persécution politique.

Le gouvernement azerbaïdjanais, dirigé d’une main ferme par le président Ilham Aliyev, rejette catégoriquement les critiques internationales. Il accuse les diplomates occidentaux et les ONG de droits humains d’ingérence dans les affaires internes du pays, affirmant que les procédures judiciaires menées contre les journalistes sont justifiées et dénuées de toute motivation politique.

Pourtant, selon Reporters sans frontières, 24 journalistes et professionnels des médias sont actuellement derrière les barreaux en Azerbaïdjan. L’organisation classe le pays parmi les plus répressifs au monde en matière de liberté de la presse.

Malgré les appels répétés à leur libération, notamment de la part de l’Union européenne et de plusieurs ONG internationales, Bakou maintient sa ligne dure, renforçant sa mainmise sur l’espace médiatique à la veille de scrutins parlementaires anticipés. Pour les défenseurs des droits humains, ces arrestations traduisent une volonté assumée de faire taire les derniers bastions d’un journalisme indépendant dans un paysage déjà largement contrôlé par l’État.

Partager