Le Vietnam durcit ses lois sur la presse, inquiètant les défenseurs de la liberté d’informer
Le Vietnam durcit ses lois sur la presse, inquiètant les défenseurs de la liberté d’informer

Le Parlement vietnamien a adopté mercredi une série de réformes touchant à la fois la loi sur la presse et la législation encadrant les secrets d’État, des changements qui, selon les organisations de défense de la liberté de la presse, porteront un coup majeur à l’indépendance des journalistes et à la protection de leurs sources. Les amendements, consultés par Reuters, prévoient notamment que les reporters pourront être contraints de divulguer l’identité de leurs sources lors d’enquêtes portant sur n’importe quel type de crime.

Cette évolution législative est jugée particulièrement préoccupante par Reporters sans frontières (RSF). Aleksandra Bielakowska, représentante de l’organisation, a dénoncé une nouvelle « restriction du cadre juridique régissant la liberté de la presse au Vietnam » et averti que ces mesures feraient du pays « un endroit où il sera presque impossible pour les journalistes de faire des reportages librement ». Le Vietnam figure déjà au 173ᵉ rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

Le gouvernement vietnamien n’a pas immédiatement réagi aux critiques. Les autorités justifient généralement le durcissement du contrôle des médias par la nécessité de protéger la sécurité nationale et de lutter contre la désinformation, un argument récurrent dans un pays où la presse est étroitement supervisée par l’État et où les journalistes indépendants font régulièrement face à des poursuites.

La nouvelle loi sur la presse, qui entrera en vigueur en juillet, étend la marge de manœuvre du gouvernement pour exiger la communication d’informations sensibles. Elle s’accompagne d’une réforme des règles relatives aux secrets d’État, élargissant les catégories d’informations couvertes par la confidentialité. Pour les observateurs, cette combinaison accroît considérablement le risque juridique pour les journalistes, en particulier ceux qui enquêtent sur des sujets sensibles comme la corruption, les projets industriels controversés ou les violations des droits humains.

Ces changements interviennent dans un contexte où Hanoï cherche à affirmer davantage son contrôle sur l’espace public, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la diffusion d’informations alternatives. Les défenseurs des libertés estiment que ce resserrement législatif risque d’étouffer encore davantage le journalisme d’investigation et de priver la population d’un accès essentiel à une information indépendante.

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