Alors que le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) tire la sonnette d’alarme : pour la première fois, les conditions d’exercice du journalisme sont jugées mauvaises dans la moitié des pays du globe. La principale menace ? La pression économique, désormais plus redoutable que la censure ou la violence.
Dans son classement 2025, RSF pointe une « dégradation inquiétante » de la liberté de la presse, y compris dans des démocraties occidentales. Les États-Unis, par exemple, dégringolent à la 57e place, loin derrière la Sierra Leone, minés par les attaques du président Donald Trump et par le démantèlement des médias publics. Des dizaines de titres locaux y disparaissent, créant de véritables déserts informationnels.
Des médias étranglés et des journalistes en exil
Dans un tiers des pays évalués, des médias ferment régulièrement, incapables de résister aux difficultés financières, à l’instar de la Tunisie ou de l’Argentine. En Palestine, près de 200 journalistes ont été tués selon RSF, tandis qu’en Afghanistan ou au Nicaragua, les rédactions ferment et les journalistes fuient. Même en Suisse, classée 9e, la situation est jugée « tendue » en raison de la fragilité économique des titres.
La domination des GAFAM est également pointée du doigt : leurs plateformes absorbent les revenus publicitaires et diffusent massivement des contenus manipulés. Le modèle économique de la presse est ainsi gravement menacé, fragilisant l’indépendance éditoriale. En France, RSF s’interroge sur l’influence réelle des grands propriétaires privés sur les rédactions nationales. Avec seulement sept pays dans le monde où la situation est jugée « bonne », contre huit l’an dernier, RSF constate un recul global inquiétant. La Norvège reste première, suivie de l’Estonie et des Pays-Bas. En bas de classement, l’Érythrée, la Corée du Nord et la Chine ferment la marche.