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Les audiences radio de janvier à mars 2025 viennent de tomber, et une chose est sûre : France Inter reste indétrônable. Pour la 29e vague consécutive, la station publique dirigée par Adèle Van Reeth conserve son titre de première radio de France, avec 7,2 millions d’auditeurs quotidiens, en hausse de 50 000 sur un an. C’est tout simplement la deuxième meilleure performance de l’histoire de la radio en France. Un exploit d’autant plus notable que, globalement, les Français écoutent un peu moins la radio qu’avant : 38,46 millions d’auditeurs quotidiens, soit une baisse de 264 000 sur un an.

Mais derrière la locomotive Inter, un autre phénomène attire l’attention : la progression spectaculaire d’Europe 1. Donnée pour morte il y a encore deux ans, la station renoue avec les sommets, atteignant 2,7 millions d’auditeurs quotidiens. C’est 250 000 de plus qu’il y a un an. Si la radio perd légèrement sur une vague (-50 000), la tendance est clairement à la hausse. En ligne de mire : la barre des 3 millions, qui semblait encore hors d’atteinte il y a peu.

Le duo Hanouna-Praud, moteurs de la remontée

Au cœur de cette remontada, deux visages familiers du paysage audiovisuel français : Pascal Praud et Cyril Hanouna. Le premier, fort de son succès sur CNews, s’est imposé dans la case stratégique de la mi-journée avec son ton sans détour et son sens du débat. Le second, arrivé à l’antenne l’an dernier, électrise les après-midis avec une émission rythmée, populaire et provocante, qui tranche avec la tradition feutrée de la maison. Ensemble, ils ont redonné de la voix à une radio qui n’en avait plus, et lui ont offert un nouveau public, plus jeune, plus engagé, parfois plus clivant — mais toujours au rendez-vous.

Pendant ce temps, RTL reste solide en deuxième position avec un rebond à 5 millions d’auditeurs, même si la station perd 325 000 personnes sur un an. Franceinfo complète le podium à 4,9 millions, en repli par rapport à la fin 2024 mais en progression annuelle (+150 000). Côté musicales, NRJ profite de l’effet Camille Combal et bondit à 4,2 millions (+300 000 sur une vague), tandis que Nostalgie (3,3 millions) et Skyrock (3,2 millions) se disputent la suite du classement.

Ici décroche, Europe 2 s’enlise

Dans le bas du tableau, la situation est plus compliquée. RMC reste stable à 3,1 millions, mais Ici — le nouveau nom de France Bleu — enregistre un inquiétant décrochage. Avec 2,4 millions d’auditeurs, la radio de proximité signe sa plus faible performance depuis plus de vingt ans. Un coup dur pour Radio France, qui espérait séduire avec ce rebranding ambitieux. Enfin, Europe 2 continue de s’enfoncer, frôlant la barre des 800 000 auditeurs. Une descente que la station espère enrayer en avril avec l’arrivée annoncée — mais encore officieuse — de Sébastien Cauet.

Si les grandes tendances se confirment, cette vague d’audiences montre surtout qu’en radio comme ailleurs, rien n’est jamais figé. En 2025, la surprise vient d’Europe 1. Et dans un paysage qui semblait verrouillé, c’est déjà un petit tremblement de terre.

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