Le président américain Donald Trump a annoncé lundi qu’il plaçait la police municipale de Washington sous contrôle fédéral et qu’il déployait 800 soldats de la Garde nationale dans la capitale. Selon lui, cette décision vise à lutter contre une « vague d’anarchie », bien que les statistiques officielles indiquent que la criminalité violente y a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis trois décennies.
« Je déploie la Garde nationale pour contribuer au rétablissement de l’ordre public et de la sécurité publique à Washington », a déclaré Trump lors d’un point de presse à la Maison Blanche, entouré de responsables fédéraux de la sécurité. Il a affirmé que cette mesure était nécessaire pour « protéger les citoyens et restaurer la confiance » dans les institutions.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie politique du président visant à faire de la criminalité urbaine un axe central de son discours sécuritaire. Elle intervient dans un contexte de campagne électorale où Trump multiplie les annonces spectaculaires sur le maintien de l’ordre, malgré des données fédérales montrant une tendance générale à la baisse des crimes violents.
Le transfert du contrôle de la police locale au gouvernement fédéral est une mesure exceptionnelle, susceptible de déclencher un bras de fer juridique et politique avec les autorités municipales de Washington. Les opposants y voient une atteinte à l’autonomie locale et dénoncent une décision motivée par des considérations électorales plutôt que par la réalité sécuritaire.
Des responsables municipaux ont déjà indiqué qu’ils étudiaient les voies de recours possibles pour contester cette prise de contrôle, tandis que des organisations de défense des libertés civiles s’inquiètent d’un risque d’abus de pouvoir et de militarisation de la sécurité publique.