Le président Donald Trump a ordonné samedi le déploiement de 2 000 soldats de la Garde nationale de Californie à Los Angeles, en dépit de l’opposition du gouverneur démocrate Gavin Newsom, alors que la ville est secouée par des manifestations tendues liées à des opérations d’immigration. Cette décision marque une escalade significative dans la réponse fédérale à des affrontements entre les autorités de l’immigration et des manifestants qui ont éclaté vendredi et se sont poursuivis samedi.
Dans un communiqué, la Maison Blanche a justifié cette mesure par la nécessité de « mettre fin à la loi de la jungle qui a été autorisée à s’enraciner » en Californie. Le gouverneur Newsom a qualifié la décision de « délibérément incendiaire » et estimé qu’elle ne ferait qu’aggraver les tensions. Il a précisé que la Garde avait été placée sous l’autorité fédérale par le biais de la procédure dite de « Title 10 », retirant au gouverneur le contrôle sur ses propres troupes.
Le ministre de la Défense Pete Hegseth a menacé d’une intervention militaire supplémentaire, indiquant que les Marines de la base de Camp Pendleton étaient en alerte et pourraient être mobilisés en cas d’escalade. Une telle initiative évoque les propos tenus par Trump en 2020, lorsqu’il avait menacé d’invoquer la loi sur l’insurrection pour réprimer des manifestations nationales, une option qu’il n’a toutefois pas utilisée à l’époque — ni à ce jour, selon son équipe et le bureau du gouverneur.
Sur le terrain, la ville de Paramount, en banlieue de Los Angeles, a été le théâtre de heurts entre agents fédéraux en tenue antiémeute et manifestants. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés, des véhicules de patrouille pris à partie, et des slogans criés à l’aide de mégaphones comme « ICE dehors de Paramount » ou « Aucun être humain n’est illégal ». Des images montrent des buissons en feu et des rues jonchées de débris.
Ces manifestations ont éclaté après que les autorités fédérales ont mené vendredi plusieurs opérations ciblées contre des entreprises soupçonnées d’employer des travailleurs sans papiers, notamment dans le quartier de la mode de Los Angeles. Selon les services de l’immigration, 118 personnes ont été arrêtées, dont cinq auraient des liens avec des organisations criminelles.
Les critiques ont rapidement fusé. Le maire de Los Angeles Karen Bass a dénoncé une stratégie visant à « semer la terreur », tandis que des figures politiques, comme le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, ont exigé la libération immédiate de manifestants arrêtés, dont David Huerta, président régional du syndicat SEIU. Ce dernier est actuellement détenu dans un centre de détention fédéral en attendant une comparution lundi.
Alors que les tensions continuent de monter, cette nouvelle intervention marque une démonstration de force de l’administration Trump dans sa campagne pour intensifier les expulsions de migrants et imposer un contrôle plus strict de l’immigration. Un choix politique explosif, qui divise profondément l’opinion et accentue la polarisation à l’approche des élections.