WASHINGTON — La Maison Blanche s’apprête à dévoiler ce vendredi le budget 2026 du président Donald Trump, le premier depuis son retour au pouvoir. Ce document, bien que non contraignant, s’annonce comme un manifeste politique majeur, illustrant les priorités de l’administration républicaine pour son second mandat, avec des réductions drastiques, voire la suppression totale, de certains programmes fédéraux.
Le budget, souvent qualifié de déclaration d’intention, ne fait pas force de loi mais donne le ton des débats budgétaires à venir. Piloté par Russell Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget (OMB) et figure centrale du projet conservateur « Project 2025 », ce plan initial — surnommé « skinny budget » — exposera les grandes lignes chiffrées, avant d’être étoffé de détails ultérieurs.
Alors que les dépenses fédérales dépassent désormais les 7 000 milliards de dollars, avec un déficit annuel avoisinant les 2 000 milliards et un service de la dette proche des 1 000 milliards, l’administration Trump entend marquer une rupture. La dette publique américaine atteint désormais 36 000 milliards de dollars, gonflée par les dépenses exceptionnelles liées à la pandémie, les réformes fiscales et les coûts croissants des programmes de santé comme Medicare et Medicaid.
Le projet présidentiel prévoit des coupes significatives, dans la continuité des mesures déjà mises en œuvre, notamment la réduction des effectifs gouvernementaux, pilotée par le département dirigé par Elon Musk en charge de l’efficacité gouvernementale. De nouvelles sources de revenus pourraient aussi être proposées, à travers une extension du programme de droits de douane cher à Trump.
Les démocrates ont d’ores et déjà dénoncé ce budget comme une tentative de démantèlement des programmes essentiels sur lesquels reposent des millions d’Américains. L’annonce intervient alors que le Congrès travaille déjà sur un autre chantier majeur : un projet de loi massif englobant réductions d’impôts, coupes budgétaires et financements pour la politique de déportation de masse voulue par Trump. Contrairement au budget, cette loi aurait une portée législative effective.
Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, fervent allié de Trump, vise une adoption de ce texte avant le Memorial Day. “Les pièces du puzzle de notre ‘Big, Beautiful Bill!’ s’assemblent très bien”, a-t-il déclaré après une réunion avec le président et plusieurs responsables parlementaires.
Malgré ces efforts, des divergences persistent au sein même du camp républicain, alors que les démocrates s’y opposent fermement. En parallèle, les membres du gouvernement commenceront bientôt à comparaître devant le Congrès pour défendre les propositions contenues dans le budget présidentiel.
Russell Vought, vétéran des cercles budgétaires conservateurs, prévoit également une série de propositions de “rescissions” budgétaires, la première visant 9 milliards de dollars de coupes sur les financements alloués à l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et à la Corporation for Public Broadcasting, qui soutient la PBS et NPR. Un décret présidentiel signé jeudi ordonne d’ailleurs l’arrêt immédiat du financement fédéral de ces deux entités médiatiques publiques.
Ce budget 2026 pourrait bien n’être que la première salve d’une offensive plus large pour remodeler en profondeur l’appareil étatique américain.