Une soirée parisienne a viré au drame ce week-end, dans le centre de la capitale. Trois jeunes hommes ont été pris en charge par les secours après avoir été victimes d’une probable overdose, vraisemblablement liée à la consommation de GHB, une drogue synthétique aux effets puissants. Parmi eux, un attaché parlementaire âgé de 26 ans, dont le pronostic vital est actuellement engagé.
Une série d’interventions d’urgence dans le même quartier
Les faits se sont déroulés dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, non loin de la rue Montmartre. Vers 5 heures du matin, les sapeurs-pompiers sont appelés pour secourir un jeune homme inconscient sur la voie publique. Il s’agissait de l’attaché parlementaire, victime d’un malaise sévère en pleine rue, après avoir, selon les premiers éléments, consommé du GHB dans un établissement fréquenté par des jeunes actifs et étudiants.
Peu avant cette intervention, un autre jeune homme avait déjà été secouru dans le même secteur. Pris de convulsions, il a été retrouvé avec un pochon de poudre, possiblement de la 3-MMC, une autre drogue de synthèse prisée dans les soirées dites « chemsex », un terme désignant des pratiques sexuelles sous influence de psychotropes. Son état de santé est jugé critique.
Une troisième victime a été découverte inconsciente à proximité, tenant une bouteille contenant un liquide transparent qui pourrait être également du GHB. Hospitalisée, cette personne serait dans un état moins préoccupant, mais reste sous surveillance médicale.
Une drogue à haut risque, au cœur d’un phénomène inquiétant
Le GHB (acide gamma-hydroxybutyrique) est une substance initialement utilisée comme anesthésiant, aujourd’hui détournée à des fins récréatives ou criminelles. Connue sous les surnoms de « drogue du violeur » ou « G », elle est souvent associée à des usages festifs en contexte de désinhibition sexuelle. Son usage s’est notamment développé dans certaines communautés, en lien avec le phénomène de chemsex, qui combine drogues et pratiques sexuelles à risque.
Le GHB, pris à faible dose, peut procurer une sensation d’euphorie et de détente, mais au-delà d’un certain seuil, il devient un puissant dépresseur du système nerveux central, provoquant somnolence, troubles respiratoires, convulsions, voire coma. Les risques sont particulièrement élevés en cas de surdosage ou de mélange avec l’alcool.
Une enquête ouverte, des interrogations au sein de l’Assemblée
Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour déterminer l’origine des substances consommées et les circonstances de leur diffusion. Les enquêteurs s’intéressent notamment à un bar du quartier fréquenté par les trois jeunes hommes dans la nuit de vendredi à samedi. Des analyses toxicologiques sont en cours.
Le cas de l’attaché parlementaire, encore non identifié publiquement, a suscité l’émoi au sein de l’Assemblée nationale. Selon France Info, il travaillerait pour un député de la majorité présidentielle. Aucun commentaire officiel n’a encore été fait par l’institution, mais plusieurs élus ont exprimé, en privé, leur inquiétude face aux dérives festives touchant des collaborateurs parlementaires souvent jeunes, précaires et soumis à une forte pression professionnelle.
Un phénomène en progression dans les métropoles françaises
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de recrudescence des cas d’overdoses liées au GHB et à la 3-MMC, en particulier dans les grandes villes. En 2023, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives alertait déjà sur l’augmentation inquiétante des hospitalisations d’urgence liées à ces substances, souvent consommées à l’insu des utilisateurs dans des environnements festifs.