Au moins 30 personnes ont perdu la vie et des centaines d’autres ont été déplacées en raison de violentes inondations qui ont frappé la capitale congolaise, Kinshasa, depuis le jeudi 4 avril 2025, après des pluies torrentielles qui ont duré plusieurs heures. Ces inondations ont provoqué une nouvelle catastrophe humanitaire qui rappelle les tragédies récurrentes auxquelles la ville est confrontée chaque saison des pluies.
Selon des rapports de presse, les inondations ont causé des glissements de terrain et des érosions, en particulier dans les quartiers informels construits sur des terrains instables. Le gouverneur de la ville, Gentini Ngobila, a confirmé que « les eaux ont envahi de nombreuses maisons, emporté des routes principales et plusieurs infrastructures, isolant ainsi certains quartiers ». Il a ajouté que les équipes de secours travaillent sans relâche pour récupérer les corps et fournir les premiers secours aux sinistrés.
D’après les informations publiées par des sites congolais, la catastrophe s’est particulièrement concentrée dans la commune de Masina, où près de 600 maisons ont été entièrement emportées dans les quartiers de Abatoirs et Petro Congo, entraînant un exode massif et des images choquantes de dévastation. Les habitants du quartier ont qualifié cette nuit de « nuit de terreur », étant pris au piège par les eaux pendant leur sommeil, et beaucoup n’ont pu sauver que leurs vies. Des photos circulant sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur des destructions, avec des cris d’habitants cherchant leurs proches disparus sous les décombres ou emportés par les torrents.
Ces inondations soulignent à nouveau la fragilité des infrastructures de Kinshasa, qui compte plus de 17 millions d’habitants et souffre d’un manque de planification urbaine efficace, ainsi que de l’absence de réseaux d’assainissement capables d’absorber les quantités croissantes de pluie. Les responsables locaux ont exprimé leur inquiétude face à l’aggravation de la situation dans les prochains jours si les pluies persistent, en raison des ressources limitées disponibles pour une intervention rapide.
Les habitants des quartiers sinistrés ont exprimé leur mécontentement dans des déclarations publiques concernant l’inaction des autorités locales face à l’absence de mesures préventives, malgré la répétition de ces catastrophes. L’un d’eux a déclaré : « Nous vivons le même scénario chaque année, et rien ne change… Nous sommes laissés seuls au milieu des décombres et de la boue. »
De son côté, le gouvernement a annoncé qu’il avait commencé à évaluer les dégâts et à fournir une aide d’urgence, mais a reconnu que l’ampleur de la catastrophe dépasse les capacités d’intervention rapide. Il a lancé un appel aux partenaires internationaux pour fournir un soutien humanitaire et des secours d’urgence, alors que le pays fait face à des défis économiques et sécuritaires complexes.
Il convient de noter que la capitale congolaise a également été frappée par des inondations catastrophiques en décembre 2022, qui avaient fait 169 morts, mettant en évidence la menace constante des phénomènes climatiques extrêmes en l’absence d’infrastructures adaptées.