Taxe Zucman : la gauche veut taxer les riches à 2 % même s’ils n’ont pas de revenus
Taxe Zucman : la gauche veut taxer les riches à 2 % même s’ils n’ont pas de revenus

Le Sénat se penche ce jeudi 12 juin sur la très controversée « taxe Zucman », un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines dépassant 100 millions d’euros. Portée par les écologistes et la gauche, cette mesure vise à taxer davantage les grandes fortunes françaises, qu’elles aient ou non des revenus suffisants. Une logique qui inquiète entrepreneurs et investisseurs : pour beaucoup, elle pourrait relancer l’exil fiscal que la suppression de l’ISF avait en partie enrayé.

un texte porté par la gauche mais promis à l’échec

Déjà adoptée à l’Assemblée nationale avec l’abstention du RN, cette proposition de loi a peu de chances de passer l’étape du Sénat, dominé par la droite et le centre. Elle s’inscrit dans un contexte de rigueur budgétaire, où le gouvernement cherche 40 milliards d’économies. Pour ses partisans, la taxe rapporterait jusqu’à 25 milliards d’euros, une estimation jugée très optimiste par ses détracteurs. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a déjà exprimé son hostilité à cette « fiscalité punitive ».

Inspirée par l’économiste Gabriel Zucman, la taxe ne prend pas en compte les revenus mais le patrimoine. Si l’ensemble des impôts déjà versés n’atteint pas 2 % du patrimoine, le contribuable devra payer la différence. Les holdings et les actions non liquides, fréquents dans les grandes fortunes françaises, seraient ainsi directement visés, ce qui pourrait contraindre certains à vendre une partie de leurs entreprises.

Les entrepreneurs de la tech redoutent particulièrement ce mécanisme. Des sociétés en forte croissance, mais peu rentables à court terme, pourraient voir leurs fondateurs étranglés par des prélèvements sans avoir la trésorerie nécessaire pour y faire face. Un mécanisme d’étalement sur cinq ans est prévu, mais jugé insuffisant.

Si le texte a peu de chances d’être adopté, la manœuvre reste politique. La gauche cherche à raviver la flamme de l’ISF sous une nouvelle forme. Une stratégie risquée, qui pourrait finir par coûter plus cher à la France en croissance et en emplois qu’elle ne lui rapporterait en recettes.

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