Ce mardi, Hélène Perlant, fille du Premier ministre François Bayrou, a brisé un silence de trois décennies en révélant avoir été victime de violences physiques à l’âge de 14 ans, lors d’un camp d’été organisé par la congrégation Notre-Dame de Bétharram. Dans un entretien accordé à Paris Match, elle décrit avoir été « rouée de coups de poing, de coups de pied sur tout le corps » par le père Lartiguet, décédé en 2000. Pour rappel, plus de 100 plaintes pour violences physiques et sexuelles ont été déposées contre l’établissement Bétharram, situé dans les Pyrénées-Atlantiques.
Hélène Perlant explique avoir gardé le silence pendant trente ans, confiant : « Je suis restée 30 ans dans le silence. Mon père, j’ai peut-être voulu le protéger, inconsciemment, je pense, des coups politiques qu’il se prenait localement. » Elle affirme que François Bayrou n’a découvert son témoignage que récemment, après avoir été contacté par Le Canard enchaîné concernant la publication de son livre Le Silence de Bétharram.
François Bayrou a nié avoir eu connaissance des faits
Face à ces révélations, François Bayrou a nié avoir eu connaissance des abus au sein de l’établissement. Il a déclaré avoir ordonné une inspection générale en 1996 suite à une plainte pour une claque, soulignant qu’il avait « fait tout ce que [je] devais faire quand [j’étais] ministre ». Cependant, des critiques émergent, notamment de la part d’une ancienne enseignante de l’établissement, qui affirme que François Bayrou et son épouse avaient été alertés des violences .
Le Premier ministre dénonce une « mécanique du scandale », comparant la situation à l’affaire Dominique Baudis, et estime que certains cherchent à instrumentaliser l’affaire à des fins politiques . Malgré les accusations, la Cour de justice de la République a classé sans suite deux signalements déposés contre lui, estimant que les infractions étaient insuffisamment caractérisées.