IMG_3109
IMG_3109

Désigné par Donald Trump pour prendre la tête du ministère de la Santé, Robert F. Kennedy Jr. a dû affronter mercredi une audition tendue au Sénat. Accusé d’être antivaccin et critiqué pour ses revirements sur l’avortement, l’héritier de la dynastie Kennedy s’est retrouvé sous le feu des questions des sénateurs démocrates et de certains républicains sceptiques.

RFK Jr., qui a longtemps relayé des théories complotistes sur les vaccins et la santé publique, s’est défendu d’être contre la vaccination. « Je ne suis pas antivaccin, je suis pour la sécurité », a-t-il assuré, malgré des déclarations passées affirmant qu’« aucun vaccin n’est sûr et efficace ». Le sénateur Ron Wyden lui a opposé un enregistrement d’un podcast où il tenait des propos clairement opposés aux vaccins, provoquant l’agacement des élus démocrates. Son rôle dans la défiance envers la vaccination, notamment aux îles Samoa avant une épidémie de rougeole mortelle en 2019, a aussi été mis en avant.

Sur la question de l’avortement, RFK Jr. a tenté de rassurer les républicains en alignant son discours sur celui de Donald Trump. Alors qu’il défendait autrefois l’idée que les femmes devraient pouvoir avorter jusqu’au terme de leur grossesse, il a déclaré mercredi qu’il considérait « chaque avortement comme une tragédie » et qu’il suivrait les recommandations de Trump sur le sujet. Un revirement critiqué par les démocrates, Bernie Sanders fustigeant « une volte-face politique sans précédent ».

Au-delà de ses positions controversées, la personnalité de RFK Jr. suscite aussi le débat. Ancien accro à l’héroïne, il a raconté l’an dernier avoir abandonné le cadavre d’un ourson dans Central Park et aurait, selon sa cousine Caroline Kennedy, montré du plaisir à mixer des animaux vivants pour nourrir ses rapaces. Cette dernière a appelé les sénateurs à rejeter sa nomination, le qualifiant de « prédateur ».

Si le Sénat le confirme, RFK Jr. prendra la tête d’un ministère clé, en charge de la santé des 340 millions d’Américains, avec plus de 80 000 employés sous sa direction. Mais son passé sulfureux et ses positions polémiques pourraient bien compromettre son accession à ce poste stratégique.

Partager