Ce lundi, l’Assemblée nationale a rejeté d’entrée de jeu la réforme de l’audiovisuel public que Rachida Dati portait depuis plusieurs mois. Ce texte, qui devait donner naissance à une holding baptisée France Médias regroupant France Télévisions, Radio France et l’INA, n’a même pas passé le stade de la discussion générale.
Défendue comme un levier de modernisation et de rationalisation des médias publics face à la concurrence des plateformes privées, cette réforme a suscité dès le départ de fortes oppositions. À gauche, les députés ont dénoncé une atteinte potentielle à l’indépendance éditoriale et une manœuvre de recentralisation politique. À droite et au sein même de la majorité présidentielle, de nombreux parlementaires ont critiqué un projet flou, techniquement mal préparé, et perçu comme précipité.
L’ambition de Rachida Dati était de faire voter le texte avant l’été, pour une mise en œuvre dès janvier 2026. Or, l’examen du projet s’est transformé en fiasco parlementaire. Dès son arrivée en commission, le texte avait été suspendu à la suite d’un accrochage houleux entre la ministre et une fonctionnaire de l’Assemblée, provoquant une indignation de la part des oppositions et le report de son examen.
L’absence de garanties en matière d’indépendance des rédactions a pesé dans la balance
Ce lundi, le rejet est devenu officiel lors de la première séance publique consacrée à la réforme. La majorité relative du gouvernement n’a pas suffi à faire barrage aux oppositions convergentes. Le texte a été rejeté par une coalition de députés de gauche, d’écologistes, de centristes et même de certains élus issus du groupe Renaissance, qui ont dénoncé le manque de concertation, l’imprécision sur la gouvernance future, ainsi que l’absence de garanties en matière d’indépendance des rédactions.
Les syndicats des groupes concernés, mobilisés depuis plusieurs mois, avaient eux aussi tiré la sonnette d’alarme. Grèves, tribunes, pétitions et interventions publiques ont mis en lumière une inquiétude profonde quant à l’avenir de la diversité éditoriale et des spécificités propres à chaque entité de l’audiovisuel public. Si le gouvernement avait assuré qu’il n’y aurait ni suppressions de chaînes, ni plans sociaux, la défiance persistait…