Jean-Luc Mélenchon a clôturé ce dimanche 23 août les universités d’été de La France insoumise dans la Drôme par un discours offensif et résolument tourné vers l’élection présidentielle de 2027. Devant plusieurs milliers de militants, le chef de file insoumis a assuré que « la victoire est possible », tout en détaillant ses priorités économiques, écologiques et institutionnelles et en multipliant les attaques contre Emmanuel Macron, la droite et le Rassemblement national.
Dès le début de son intervention, Jean-Luc Mélenchon a voulu installer LFI dans une posture de force prête à gouverner. « C’est nous, les gens sérieux et responsables. C’est eux, la ruine, la pagaille », a-t-il lancé. Il a promis de « remettre de l’ordre dans les comptes publics » grâce notamment à une taxation accrue des superprofits, une relance de la consommation par l’augmentation des salaires, davantage d’investissements publics et la suppression de niches fiscales qu’il juge inefficaces. Dans le même temps, il a annoncé que LFI censurerait le gouvernement Lecornu sur son projet de budget pour 2027, accusé de préparer de nouvelles coupes susceptibles d’aggraver la situation économique.
Écologie, sécurité civile et attaque contre les préfets
Une large partie du discours a également été consacrée à l’écologie. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « l’empoisonnement écologique » résultant, selon lui, de décisions politiques et promis de revenir sur la loi Duplomb. Il a surtout proposé la création d’une « garde régionale de la sécurité civile », destinée à renforcer les moyens disponibles face aux incendies et aux catastrophes climatiques. Cette réserve serait constituée grâce à une forme de conscription obligatoire, puis resterait mobilisable tout au long de la vie des personnes formées.
Le ton s’est nettement durci lorsqu’il s’est adressé aux préfets. Réclamant un « État impartial », le leader insoumis les a sommés de ne pas traiter les élus LFI comme de simples interlocuteurs politiques. « Nous ne sommes pas vos copains ! », a-t-il lancé, avant de rappeler que les députés représentent selon lui directement « le peuple souverain ». Il a également affirmé vouloir un État dans lequel personne ne serait jugé ou traité différemment en fonction de son appartenance politique supposée, de son adresse ou de sa couleur de peau.
Sur la scène internationale, Jean-Luc Mélenchon s’en est pris à Emmanuel Macron, qu’il accuse de s’aligner sur le « trumpisme », et a dénoncé l’effacement de la France dans les grands bouleversements géopolitiques. En politique intérieure, il a décrit un bloc allant de Bruno Retailleau à Marine Le Pen en passant par Gabriel Attal, affirmant que droite, centre et RN convergeraient désormais sur de nombreux sujets. Il a notamment accusé Marine Le Pen d’avoir « sauvé Macron » en ne votant pas certaines motions de censure.
Le discours s’est achevé sur un appel à la mobilisation électorale. « La maison France, la maison République se disloque et brûle », a martelé Jean-Luc Mélenchon, affirmant qu’il n’existait selon lui « d’autre solution que la victoire électorale ». Refusant toutefois de se présenter comme un « homme providentiel », il a appelé chacun de ses soutiens à prendre sa part dans la campagne. La réunion s’est conclue par La Marseillaise, suivie de L’Internationale, tandis que la foule scandait « Mélenchon ballon d’or » et « Résistance ».
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