Sous pression après les alertes répétées sur la montée en puissance des réseaux criminels, le gouvernement promet un durcissement rapide de la lutte contre le narcotrafic dans les territoires ultramarins. Invitée dimanche de l’émission Questions politiques (France Inter, franceinfoTV et Le Monde), la ministre des outre-mer Naïma Moutchou a assuré qu’un plan « à grande échelle » était en préparation.
Sans avancer de calendrier précis ni de montant, la ministre a martelé que la question budgétaire ne serait pas un frein. « Ça coûtera ce que ça coûtera », a-t-elle déclaré, affirmant que « les moyens suivront » une fois la stratégie arrêtée. Selon elle, le gouvernement finalise actuellement une feuille de route « très concrète » pour répondre à un phénomène devenu prioritaire.
Des renforts et des équipements supplémentaires annoncés
Naïma Moutchou a indiqué que l’effort se concentrerait sur les points d’entrée stratégiques : ports et aéroports, considérés comme les principales portes d’accès des trafics. L’État prévoit d’y « densifier les équipements » et d’y affecter « des ressources humaines supplémentaires », afin d’améliorer les contrôles et la capacité d’interception.
Cette déclaration intervient après une mise au point d’Emmanuel Macron. Jeudi, le chef de l’État a appelé l’exécutif à « muscler » sa réponse et estimé que la mobilisation devait être « totale et beaucoup plus massive » dans les Antilles, où la circulation de stupéfiants alimente aussi une spirale de violences.
Reste désormais à connaître la traduction opérationnelle de ces annonces : calendrier, effectifs, matériels, coordination avec les forces locales. La ministre a promis de communiquer sur les chiffres « quand elle les aura », laissant entendre que les arbitrages sont encore en cours au sein du gouvernement.