Pierre Moscovici alerte sur un choc pétrolier et remet la dépendance aux fossiles au centre du jeu
Pierre Moscovici alerte sur un choc pétrolier et remet la dépendance aux fossiles au centre du jeu

Difficile de faire comme si de rien n’était quand le baril joue les montagnes russes. Pierre Moscovici a jugé « incontestable » l’existence d’un choc pétrolier, sur franceinfo hier, alors que la guerre au Moyen-Orient entretient la hausse et la volatilité des cours. Dans son viseur, ces variations rapides qui finissent toujours par se retrouver à la pompe et sur les étiquettes, puis dans les carnets de commandes. L’ancien ministre de l’Économie relie cette tension à un effet direct sur les prix à la consommation et sur l’activité, avec une incertitude qui s’installe: personne ne sait combien de temps le conflit durera ni jusqu’où il tordra les chaînes d’approvisionnement.

Le baril comme thermomètre, la facture comme rappel à l’ordre

Moscovici avance plusieurs trajectoires possibles et, quand il déroule les scénarios, le lecteur comprend vite que l’addition peut monter très vite. Il évoque un baril qui grimperait vers 120 à 150 dollars, avec le risque d’une perturbation du détroit d’Ormuz ou d’installations endommagées dans le Golfe, bref les points de fragilité bien connus du marché mondial. À ce niveau, il chiffre l’onde de choc à 0,5 à 0,6 point de PIB sur la croissance et à 2 à 3 points sur l’inflation. Rien d’automatique, prévient-il, l’issue reste imprévisible, mais l’histoire récente a montré à quelle vitesse une crise géopolitique peut se transformer en crise du quotidien.

Il est politique autant qu’économique : ces chocs répétés laissent des traces sur la croissance, l’inflation et les finances publiques, souligne celui qui préside la Cour des comptes. Sa conclusion est nette, il faut « absolument » réduire la dépendance aux énergies fossiles, un sujet revenu en pleine lumière depuis la crise énergétique de 2021-2023 et la guerre en Ukraine. En France comme en Europe, la discussion mêle sécurité d’approvisionnement, facture d’importations et trajectoire climatique, avec les débats sur la sobriété, l’efficacité énergétique, l’électrification des usages et l’augmentation des productions bas-carbone, du nucléaire aux renouvelables. Et pendant que la planification énergétique aligne objectifs et calendriers, une réalité s’impose, le prochain soubresaut du baril servira de juge de paix aux arbitrages d’aujourd’hui.

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