Un tribunal péruvien a condamné mercredi l’ancien président Alejandro Toledo à 13 ans et 4 mois de prison pour blanchiment d’argent, dans le cadre d’une nouvelle affaire liée au vaste scandale de corruption Odebrecht.
Âgé de 79 ans, Toledo, qui a dirigé le pays de 2001 à 2006, a été reconnu coupable d’avoir utilisé des pots-de-vin versés par le géant brésilien du BTP Odebrecht – rebaptisé depuis Novonor – afin d’acquérir des biens immobiliers de grande valeur.
Il s’agit de la deuxième condamnation prononcée contre l’ancien chef d’État dans des affaires de corruption. Il avait déjà été reconnu coupable dans un autre dossier en lien avec le même réseau de pots-de-vin, qui a éclaboussé de nombreux responsables politiques en Amérique latine.
Extradé des États-Unis vers le Pérou en 2023, Toledo a toujours nié les accusations, affirmant être victime d’une persécution politique. Les juges péruviens estiment toutefois que les preuves présentées démontrent clairement son enrichissement illégal grâce à des fonds occultes versés par l’entreprise brésilienne pour obtenir des contrats publics.
Le scandale Odebrecht, l’un des plus retentissants de la région, a déjà conduit à la mise en cause ou à la chute de plusieurs dirigeants latino-américains, du Brésil au Pérou en passant par la Colombie. La nouvelle condamnation de Toledo renforce l’image d’une classe politique péruvienne minée par la corruption chronique, dans un pays où presque tous les anciens présidents récents ont été poursuivis par la justice.