Le parquet de Paris a annoncé hier soir l’ouverture de deux enquêtes distinctes à la suite de la diffusion de messages menaçants visant Nathalie Gavarino, la présidente du tribunal correctionnel de Paris qui a condamné, jeudi, Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement, dont deux ferme, pour association de malfaiteurs et financement illégal de campagne électorale dans l’affaire dite des écoutes téléphoniques.
Selon une source judiciaire citée par France Info et Le Monde, ces enquêtes ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne. Elles portent respectivement sur des menaces de mort et sur des provocations à la haine ou à la violence diffusées sur les réseaux sociaux.
Des menaces explicites sur les réseaux sociaux
D’après plusieurs captures d’écran consultées par les enquêteurs, des messages publiés sur X, Facebook et Telegram appellent à s’en prendre physiquement à la magistrate. Certains internautes ont partagé des photos de la juge accompagnées de commentaires injurieux et d’appels à la vengeance.
« Depuis la lecture du jugement, Mme Gavarino fait l’objet d’un harcèlement massif et coordonné, avec des menaces de mort et d’agression très explicites », a indiqué à l’AFP Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats, principal syndicat de la magistrature.
L’USM alerte sur la mise en danger des magistrats
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, l’USM a dénoncé la désignation publique de plusieurs magistrats du tribunal et du parquet, assimilés par certains responsables politiques à des “ennemis politiques”.
« L’USM s’inquiète de la désignation publique des magistrats, du parquet comme du siège, comme des ennemis politiques et des conséquences, même indirectes, qui en découlent : menaces de mort ou de violences graves », écrit le syndicat. L’USM appelle chacun à la responsabilité et à la retenue : l’affaiblissement de l’autorité judiciaire ne peut que participer à un affaiblissement général de l’autorité de l’État et, partant, de la France. »
Cette prise de position intervient alors que plusieurs figures politiques proches de l’ancien président ont dénoncé un « acharnement judiciaire ». Sur CNews et BFMTV, certains responsables de Les Républicains ont évoqué une “vengeance politique” contre Nicolas Sarkozy.
Le Syndicat de la magistrature dénonce une “stratégie de diversion”
Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, a également réagi dans un communiqué distinct, dénonçant des attaques coordonnées contre les juges.
« Ces accusations constituent une diversion qui ne doit tromper personne », souligne le SM. « La stratégie par laquelle l’accusé se fait l’accusateur de ses juges est un grand classique des personnalités publiques poursuivies ou condamnées. Les magistrats exercent leurs fonctions avec impartialité, professionnalisme et indépendamment de leurs opinions personnelles. »
Une protection renforcée envisagée
Selon BFMTV, la préfecture de police de Paris a été alertée et pourrait renforcer la protection de la magistrate et de sa famille. Une évaluation de la menace a été demandée par la direction des services judiciaires.
Ces menaces rappellent d’autres affaires dans lesquelles des juges ont été ciblés en ligne à la suite de décisions sensibles, notamment dans des dossiers impliquant des personnalités politiques ou des affaires de violences policières.
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