Marine Le Pen est arrivée ce samedi 16 mars peu après midi au Tchad pour une visite de trois jours, durant laquelle elle doit rencontrer le président Mahamat Idriss Déby Itno à Amdjarass. Elle a été accueillie par une délégation ministérielle à la sortie d’un avion affrété par le Tchad. Ce déplacement intervient alors que les relations entre Paris et N’Djamena sont en pleine recomposition, après la fin de la coopération militaire entre les deux pays en 2024.
La cheffe des députés du Rassemblement National (RN) affirme vouloir « retisser une relation amicale et utile » avec le Tchad, tout en critiquant la politique africaine d’Emmanuel Macron, qu’elle juge responsable de l’érosion de l’influence française sur le continent. En visite sans journalistes français, Marine Le Pen cherche à établir un dialogue direct avec les autorités tchadiennes et à poser les bases d’un partenariat renouvelé.
Ce déplacement s’inscrit dans une stratégie plus large de la leader du RN, qui multiplie les voyages en Afrique pour asseoir sa crédibilité internationale. En 2017, elle avait déjà été reçue par Idriss Déby Itno, le père du président actuel, et s’était rendue au Sénégal en 2023.
Au-delà des relations bilatérales, elle entend aussi aborder les crises régionales, notamment la situation au Soudan voisin et en République Démocratique du Congo. Ses élus plaident depuis plusieurs semaines pour des sanctions contre le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du M23 en RDC.
Ce déplacement marque une nouvelle étape dans la stratégie présidentielle de Marine Le Pen, qui tente d’afficher une stature de femme d’État, alors que la diplomatie d’Emmanuel Macron en Afrique est sous le feu des critiques.