Le 21 janvier, 425 sportifs, dont des figures emblématiques comme Teddy Riner et Léon Marchand, signaient une tribune dans L’Équipe dénonçant la baisse des crédits alloués au sport. Ce jeudi, franceinfo révèle que cette mobilisation, qui a contraint le gouvernement à revoir son budget, a été orchestrée en secret par Marie Barsacq, la ministre des Sports elle-même.
Nommée pour pérenniser l’héritage des JO de Paris 2024, Marie Barsacq a très vite exprimé son opposition face aux coupes budgétaires prévues, estimées à une centaine de millions d’euros. Après une rencontre début janvier avec la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, elle alerte François Bayrou, le Premier ministre, dans un courrier musclé, jugeant que ces économies allaient « mettre le feu au monde du sport ».
C’est alors qu’elle enclenche la mobilisation en contactant l’Agence nationale du sport pour orchestrer les prises de parole publiques. Une première salve sort dans Le Parisien, relayant les coups de gueule de grands sportifs. La campagne prend de l’ampleur mi-janvier, après la découverte d’un amendement surprise prévoyant 34 millions d’euros de coupes supplémentaires. Barsacq fait alors pression pour rejeter cet amendement, tout en soutenant publiquement le texte en séance.
Le résultat est net : les coupes additionnelles ont été supprimées et 80 millions d’euros supplémentaires ont été alloués grâce à la taxe sur les paris sportifs. Soutenue par Emmanuel Macron, cette fronde stratégique a permis de rassurer le monde sportif et de protéger, au moins partiellement, les moyens financiers du ministère.