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L’Union européenne cherche à éviter l’instauration de nouveaux droits de douane américains en proposant une alliance avec Washington contre les surcapacités industrielles chinoises. Cette stratégie, mise en avant par Maroš Šefčovič, commissaire européen au Commerce, vise à détourner l’attention de Donald Trump des industries métallurgiques européennes, menacées par des taxes de 25 % sur l’acier et l’aluminium dès le 12 mars. En insistant sur la responsabilité de la Chine dans la surproduction mondiale, Bruxelles espère désamorcer les tensions avec son partenaire américain.

La surcapacité chinoise représente un défi économique majeur. Selon Eurofer, la Chine produit plus de la moitié de l’acier brut mondial, tandis que l’UE et les États-Unis peinent à rester compétitifs. L’administration Trump, en réponse à ce déséquilibre, prévoit de réorienter le commerce international en augmentant les barrières tarifaires, risquant ainsi de provoquer un afflux massif d’acier détourné vers le marché européen. Cette situation inquiète particulièrement les industriels de l’UE, qui craignent un effondrement des prix et une perte de compétitivité accrue.

Face à cette menace, Ursula von der Leyen et Maroš Šefčovič multiplient les discussions avec Washington pour obtenir une approche commune vis-à-vis de Pékin. La Commission européenne tente également de négocier un allègement des taxes sur les importations industrielles, en mettant notamment en avant une possible réduction des droits de douane sur les voitures. Actuellement à 10 % en Europe contre 2,5 % aux États-Unis, ces tarifs douaniers constituent un levier potentiel dans la recherche d’un compromis commercial avec Trump.

Cette stratégie ne garantit cependant pas la coopération de Washington. Donald Trump, fidèle à sa ligne protectionniste, a annoncé qu’il pourrait relever encore davantage les taxes sur les importations automobiles dès le 2 avril. L’objectif affiché de l’administration américaine est de renforcer l’industrie nationale en freinant les importations étrangères, une démarche qui inquiète particulièrement les constructeurs européens, déjà fragilisés par la concurrence chinoise et les nouvelles taxes sur les véhicules électriques.

Pékin, de son côté, rejette les accusations de dumping et de distorsion du marché. Le gouvernement chinois défend sa politique industrielle en affirmant qu’elle a permis de fournir des biens manufacturés abordables au reste du monde. Toutefois, l’UE maintient sa position en imposant de son côté des taxes allant jusqu’à 35,3 % sur les véhicules électriques chinois, accusant Pékin de fausser la concurrence grâce à des subventions massives.

Dans ce contexte de tensions commerciales croissantes, Bruxelles espère encore désamorcer la situation avant l’entrée en vigueur des nouvelles taxes américaines. L’issue de ces négociations sera déterminante pour l’avenir des relations économiques transatlantiques et la capacité de l’UE à défendre ses intérêts face aux offensives commerciales de Washington et Pékin.

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