L’opposition israélienne considère que le limogeage du chef du service de sécurité intérieure (Shin Bet), Ronen Bar, par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, constitue une « déclaration de guerre contre la démocratie et la sécurité de l’État ».
Dans sa première réaction, Benny Gantz, chef du camp national, a déclaré lors d’une interview avec la chaîne hébraïque 13 : « La décision du Premier ministre est dangereuse et nuit à la sécurité nationale. Le limogeage du chef du Shin Bet est une violation directe de la sécurité de l’État et un démantèlement de l’unité de la société israélienne pour des raisons politiques et personnelles. J’appelle les citoyens à redescendre dans la rue pour protester. »
Le chef du parti démocratique, Yair Golan, a également vivement critiqué Netanyahou, affirmant : « Netanyahou a déclaré la guerre à l’État d’Israël. Ce limogeage est une tentative désespérée d’un accusé criminel pour se débarrasser d’un responsable intègre qui enquête sur son entourage dans des affaires graves. Netanyahou, qui est submergé par des enquêtes et des liens suspects, licencie et menace pour tenter de réduire au silence les gardiens de la loi. Ce limogeage ne passera pas inaperçu, nous nous battrons de toutes nos forces pour empêcher la transformation d’Israël en une dictature dirigée par un homme corrompu. »
Le député Gadi Eisenkot a déclaré : « Netanyahou a perdu la légitimité morale de diriger l’État. Il agit désormais contre la sécurité d’Israël en menant une campagne d’épuration contre les chefs des services de sécurité. Le limogeage de Bar n’a rien à voir avec l’intérêt de l’État, mais vise plutôt à se protéger des enquêtes. Cette décision nécessite une large mobilisation politique et populaire. »
Dans une réaction marquante, l’organisation « Frères d’armes », composée d’anciens combattants israéliens, a dénoncé : « Netanyahou a franchi une nouvelle ligne rouge… Le limogeage du chef du Shin Bet en pleine guerre, et alors qu’il enquête sur des relations suspectes, n’est pas une coïncidence, mais une tentative de faire tomber l’État de droit et d’affaiblir la sécurité. C’est une tentative d’empêcher la vérité d’émerger. »
De son côté, le ministre des Communications, Shlomo Karhi, a déclaré : « Le limogeage de Bar est une nécessité existentielle et immédiate. Le chef du Shin Bet s’est transformé en dictateur avec le soutien du procureur général, et il est l’un des responsables de la catastrophe du 7 octobre. Son éviction est une étape essentielle pour rétablir la confiance et stopper l’érosion de la démocratie. »
Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a quant à lui affirmé : « Après l’échec du 7 octobre et l’effritement de la confiance entre le Premier ministre et le chef du Shin Bet, Bar aurait dû démissionner. Comme il ne l’a pas fait, Netanyahou a raison de le limoger. Je soutiendrai la décision mercredi. »
Le chef du parti Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a félicité le Premier ministre, déclarant : « Félicitations à Netanyahou. Cette décision était trop tardive. Il n’y a pas de place dans une démocratie pour des responsables qui agissent politiquement contre les élus. La droite doit apprendre de Trump comment éradiquer l’État profond et rétablir la confiance dans l’appareil sécuritaire. »
Alors que l’opposition et la rue se préparent à une nouvelle vague de manifestations, la coalition gouvernementale s’apprête à entériner le limogeage du chef du Shin Bet lors de la réunion du gouvernement prévue mercredi.
Ce limogeage risque de provoquer un « séisme politique » annonçant une division interne profonde en Israël, au milieu d’accusations graves contre Netanyahou de vouloir régler des comptes personnels et politiques au détriment de la sécurité. Israël semble se diriger vers une nouvelle confrontation interne de grande ampleur.
L’opposition israélienne considère que le limogeage du chef de la sécurité intérieure est une déclaration de guerre